Proche-Orient: la crise humanitaire guette après l'assaut israélien

900'000 personnes, 1 habitant de Gaza sur 2 souffre de la pénurie de nourriture. Le Programme alimentaire mondial a besoin de toute urgence de 18 millions de francs pour leur venir en aide. Quant au bilan humain, il fait état, après 10 jours de crise, de 274 Palestiniens tués, contre deux morts côté israélien.

18 juil. 2014, 19:05
900'000 Palestiniens ne mangent plus à leur faim depuis le début de l'offensive israélienne.

L'armée israélienne a commencé vendredi à détruire les tunnels de Gaza utilisés par le Hamas pour transporter des armes et attaquer l'Etat hébreu. Son offensive terrestre a tué au moins 33 Palestiniens, portant le bilan total à plus de 270 victimes. Côté israélien, un soldat et un civil sont morts.

Un nourrisson, une femme de 70 ans et trois jeunes adolescents font partie des victimes des raids depuis jeudi soir, selon des sources médicales palestiniennes. En dix jours, l'offensive aura tué au moins 274 Gazaouis et blessé au moins 2050 autres.

Parmi les victimes, plus de 80% sont des civils, selon le Centre palestinien pour les droits humains, basé à Gaza. Côté israélien, un soldat et un civil ont perdu la vie.

Le nombre de Palestiniens déplacés a presque doublé depuis le début de l'intervention terrestre mercredi soir, atteignant plus de 40'000 personnes, a indiqué l'Agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA). Près de 70% de la bande côtière était privée d'électricité après l'assaut,

Soif et faim

Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU, qui a pu distribuer une aide d'urgence à 20'000 personnes à Gaza, espère apporter une aide alimentaire d'urgence à 85'000 autres Gazaouis ces prochains jours. Il a toutefois besoin "immédiatement" de 20 millions de dollars (18 millions de francs), a indiqué une porte-parole.

Par ailleurs, les Nations unies estiment que seule la moitié des installations de traitement des eaux est en état de fonctionner. Selon l'organisation, 900'000 personnes, soit plus de la moitié des habitants de Gaza, souffrent de la pénurie.

Promesses non tenues

Les principales ONG israéliennes se mobilisent aussi. Vendredi, elles ont réclamé un couloir humanitaire pour évacuer les blessés de Gaza et dénoncé le décalage entre la réalité et les promesses d'Israël, fortement critiqué en 2008-2009 pour sa gestion des blessés lors de l'opération "Plomb Durci" qui avait fait 1400 morts.

S'en défendant, une source sécuritaire israélienne a avancé que des dizaines de civils et même des combattants avaient été pris en charge par les services du Magen David Adom (équivalent israélien de la Croix-Rouge) et évacués vers les hôpitaux à Beersheva (sud) et Tel-Aviv.

Objectif: destruction des tunnels

Sur le plan militaire, Israël a assuré ne pas vouloir reprendre le contrôle de Gaza dans l'immédia,t mais se prépare à "élargir de manière significative l'opération terrestre", selon les mots du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

L'entrée des troupes a pour objectif stratégique de détruire les tunnels utilisés par le Hamas. L'infanterie, accompagnée d'unités du génie, a tué vendredi 17 "terroristes", frappant quelque "150 cibles" dont quatre tunnels, selon Tsahal.

Opération sans garantie

Benjamin Netanyahu a cependant admis qu'il n'y avait pas de "garantie de succès à 100%". L'armée en est à sa quatrième opération contre Gaza depuis son retrait unilatéral du territoire en 2005.

Et malgré l'offensive, les combattants du Hamas ont réussi à lancer une trentaine de roquettes sur Israël vendredi sans faire de victimes, portant le total des impacts sur Israël depuis le 8 juillet à 1164 projectiles.

A New York, le Conseil de sécurité de l'ONU doit tenir une réunion d'urgence dès 21 heures en Suisse pour discuter des moyens de mettre fin au bain de sang, condamné par le pape François et les présidents russe Vladimir Poutine et iranien Hassan Rohani.