Procès Pistorius: le parquet sud-africain fait appel du jugement

Le parquet sud-africain a fait appel ce mardi du jugement rendu dans le procès d'Oscar Pistorius. Il conteste "à la fois le verdict" d'homicide involontaire "et la sentence" de cinq ans de prison infligée à l'athlète pour avoir abattu sa petite amie en février 2013.

04 nov. 2014, 10:40
epa04465921 (FILE) A file picture dated 19 August 2013 shows South African Paralympic athlete Oscar Pistorius as he appears in the Pretoria Magistrates court in Pretoria, South Africa. Pistorius, who started a serve a five-year prison sentence for culpable homicide of his girlfriend Reeva Steenkamp last week, could face an appeals trial after prosecutors in South Africa 27 October 2014 said they would appeal against Pistorius' sentence and conviction.  EPA/STR *** Local Caption *** 51262773

Cet appel "est fondé sur un point de droit", a indiqué un porte-parole du parquet, Nathi Mncube, dans un communiqué. Soucieux de fixer la jurisprudence, le ministère public n'a pas révélé les arguments de droit soulevés pour attaquer le jugement en appel.

M. Mncube a précisé que les arguments du parquet avaient été transmis à la justice et étaient, dès lors, frappés du sceau du secret de l'instruction.

Oscar Pistorius, 27 ans, a été condamné à cinq ans de prison, peine qu'il a commencé à purger en octobre, à l'issue de huit mois d'un procès fleuve, suivi avec passion par l'opinion publique depuis mars. Il a échappé au verdict de meurtre, passible de la perpétuité.

Incompréhension

L'"homicide involontaire" retenu finalement a suscité l'incompréhension d'un grand nombre de juristes en Afrique du Sud, et valu une volée de critiques à la juge Thokozile Masipa.

Si la juge avait de bonnes raisons d'écarter la préméditation, selon les juristes - Pistorius a toujours nié avoir sciemment tiré sur sa petite amie Reeva Steenkamp -, personne ne comprend pourquoi elle a dédouané Pistorius de toute intention homicide, et retenu seulement la négligence. Lui-même affirme qu'il s'est cru victime d'un cambriolage.

Toute la question est de savoir si l'accusé, au moment de tirer avait conscience qu'il pouvait donner la mort. Si la réponse est "oui", la juge aurait dû rendre un verdict de meurtre.

Or, dans ses attendus, la juge a elle-même estimé que Pistorius "savait que les toilettes étaient un espace réduit et qu'il n'y avait aucun moyen de s'échapper pour la personne derrière la porte", semblant se contredire elle-même.