Procès FIFA: la défense demande le renvoi de l'instruction

Lundi, devant le Tribunal pénal fédéral, la défense a plaidé le renvoi à l'ouverture du deuxième procès FIFA. La cour rendra sa décision mardi matin.

14 sept. 2020, 07:30
/ Màj. le 14 sept. 2020 à 17:18
L'ancien secrétaire général Jéròme Valcke (à droite) arrive lundi matin au Tribunal pénal fédéral pour son procès.

La défense a plaidé le renvoi à l'ouverture du deuxième procès FIFA lundi devant le Tribunal pénal fédéral. Elle a dénoncé une collusion systématique entre le Ministère public de la Confédération et la FIFA. La cour rendra sa décision demain matin

L'avocat de Jérôme Valcke, Me Patrick Hunziker, a rappelé les contacts informels entre le Ministère public de la Confédération (MPC) et la FIFA. Contacts qui entachent les faits retenus par l'accusation dans la présente procédure. Et qui ont abouti à la récusation de trois procureurs fédéraux.

Le défenseur a dénoncé notamment la coïncidence de dates entre la première rencontre entre l'ancien Procureur général de la Confédération Michael Lauber et le président de la FIFA Gianni Infantino avec la perquisition chez Jérôme Valcke. Il a cité également de nombreux indices plaidant en faveur d'une entente entre le Parquet et la FIFA, qui s'est constituée partie civile dans la présente procédure.

"Amnésie collective"

Patrick Hunziker a souligné tous les vices qui ont entaché les diverses procédures FIFA, qui ont été relevés par le Tribunal fédéral lui-même. En poursuivant sur la voie tracée par le MPC, "votre cour doit-elle se faire la complice d'une aberrante amnésie collective" et la dupe d'une apparence de validité? La question doit être tranchée, a-t-il conclu.

L'avocat a aussi contesté la validité des plaintes de la FIFA, en raison de la prescription. Les contacts informels depuis 2016 avec le MPC montreraient que la FIFA avait des soupçons bien avant qu'elle ne procède en justice.

Le MPC a réfuté les reproches de la défense et rejeté les demandes de renvoi de l'accusation, de suspension de la procédure ou d'annulation des preuves. Il a souligné que ces demandes n'étaient pas de la compétence de la cour ou qu'elles avaient déjà été rejetées par les différentes instances.

La Cour des affaires pénales a indiqué qu'elle communiquerait sa décision demain matin. L'audience est levée jusqu'à mardi 10h30.

Un absent

L'ex-secrétaire général Jérôme Valcke, le président du Paris-St-Germain Nasser Al-Khelaifi comparaissent depuis lundi devant la Cour des affaires pénales à Bellinzone. Le premier répond de gestion déloyale aggravée, faux dans les titres et corruption passive et le second d'instigation à gestion déloyale aggravée.

Le troisième prévenu, un homme d'affaires grec, a fait défaut. Il a produit des certificats médicaux faisant état de deux interventions cardiaques. Cet homme répond d'instigation à gestion déloyale aggravée et de corruption active. La cour a refusé le motif et a décidé de juger l'absent par défaut avec les deux autres accusés.

Ce deuxième procès FIFA porte sur l'attribution des droits TV de plusieurs coupes du monde et autres compétitions aux groupes médias représentés par Nasser Al-Khelaifi et l'homme d'affaires absent. Jérôme Valcke est accusé d'avoir usé de son influence en échange d'avantages.