Premier décès légal par suicide assisté en Italie

«Mario», chauffeur de poids lourds devenu tétraplégique en 2010 après un accident de la circulation, s’est injecté légalement un médicament létal ce jeudi. Une première en Italie.
16 juin 2022, 15:35
L'homme est décédé après s'être injecté légalement un médicament (illustration).

La première personne à bénéficier du suicide assisté en Italie, une pratique très strictement encadrée, est décédée jeudi en fin de matinée. La nouvelle a été annoncée par l’association Luca Coscioni, qui milite pour la légalisation de cette pratique.

«Mario», selon le pseudonyme qui lui a été attribué dans les médias, est décédé après s’être injecté un médicament grâce à un appareil spécial d’un coût d’environ 5000 euros et pour lequel l’association Luca Coscioni avait lancé un appel de fonds.

Tétraplégique depuis 2010

Agé de 44 ans, ce chauffeur de poids lourds était devenu tétraplégique en 2010 après un accident de la circulation. Il avait demandé à plusieurs reprises aux autorités sanitaires des Marches, une région du centre du pays où il réside, l’autorisation de recourir au suicide assisté. Cette autorisation lui avait été refusée jusqu’à l’intervention de l’équipe d’avocats de l’Association Luca Coscioni.

Actuellement, la loi italienne punit l’aide au suicide d’une peine allant de 5 à 12 ans de prison. Cependant en 2019, la Cour constitutionnelle, plus haute instance juridique d’Italie, avait introduit une exception pour «les patients maintenus en vie par des traitements et atteints d’une pathologie irréversible, source de souffrance physique et psychologique qu’ils estiment intolérable, tout en étant pleinement capables de prendre des décisions libres et conscientes».

«Au bout de mes forces»

«Mario» remplissait tous ces critères. «J’ai fait le maximum pour essayer de vivre le mieux possible, mais désormais je suis arrivé au bout de mes forces mentales et physiques. Je suis à la merci des événements, je dépends complètement des autres, je suis comme une barque à la dérive sur l’océan», a-t-il déclaré, dans des propos relayés par l’association Luca Coscioni.

«Je suis conscient de mes conditions physiques et de mes perspectives, donc je suis complètement tranquille et serein concernant ce que je vais faire. Je suis finalement libre de voler où je veux», a-t-il ajouté.

par Keystone - ATS