Pour la gauche, Berlusconi perdra les élections

Le chef de la gauche italienne, Pier Luigi Bersani, a refusé jeudi de se laisser enfermer dans une confrontation avec Silvio Berlusconi. Il s'est dit convaincu que le Cavaliere "perdra les élections" de février prochain.
06 août 2015, 15:20
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"Berlusconi ne peut pas gagner les élections, il les perdra. Avec ses multiples volte-faces (sur sa candidature au poste de premier ministre), il cherche seulement à sauver les meubles et à se placer au centre de la scène", a commenté M. Bersani, secrétaire du Parti démocrate (PD, gauche).

"Je n'ai pas l'intention de mener la prochaine campagne autour de la question: Berlusconi oui, Berlusconi non". M. Berlusconi a fait sensation en Italie en annonçant qu'il comptait se lancer pour la sixième fois dans une campagne pour le poste de premier ministre, alors que fin octobre, il avait assuré qu'il ne serait pas candidat.
 
Cap de la rigueur maintenu
 
A l'adresse de la communauté internationale, M. Bersani a assuré qu'il maintiendrait le cap de rigueur impulsé par le gouvernement Monti en y ajoutant des mesures sociales et pour stimuler la croissance. "La rigueur est un point de non retour", a-t-il dit, en soulignant aussi que le "PD est le parti le plus pro-européen d'Italie, et a donné à l'Europe des personnalités comme Prodi, Ciampi ou Paddoa-Schioppa".
 
Interrogé sur la possibilité que M. Monti soit le ministre de l'Economie d'une coalition de gauche victorieuse, M. Bersani a souligné avoir déjà dit à l'ex-commissaire européen qu'"il devait continuer à avoir un rôle pour le pays".
 
Du côté de Bruxelles, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a lui lancé jeudi un avertissement à Silvio Berlusconi. Il lui a demandé de penser à la stabilité de l'Italie avant d'envisager un retour sur la scène politique.
 
Lâché par l'Eglise italienne
 
"Comme un éclair tombé du ciel, le dinosaure est de retour et plonge tout le pays dans le chaos", écrit l'éditorialiste de la très sage et influente revue catholique Famiglia Cristiana à propos de la décision de Silvio Berlusconi de revenir sur le devant de la scène politique italienne.
 
La puissante Eglise catholique italienne a, certes, soutenu jadis le "Cavaliere", présenté comme un rempart contre la gauche et ses projets de légalisation du mariage homosexuel et de l'euthanasie. Mais aujourd'hui ce n'est plus le cas pour l'ancien capitaine d'industrie reconverti dans la politique et qui collectionne à 76 ans les procès pour corruption et les affaires de moeurs.
 
Lundi, le cardinal Angelo Bagnasco, président de la conférence épiscopale italienne, a mis lui aussi les points sur les i. "Je suis choqué par l'irresponsabilité de ceux qui veulent s'occuper de leurs propres affaires alors que la maison brûle toujours", a-t-il dit.
 
Le Vatican, lui aussi, ne se cache plus pour traiter Silvio Berlusconi de "relique politique". Le Saint-Siège s'est notamment alarmé de ses remarques populistes sur l'Europe "germano-centrée" qui serait, d'après le "Cavaliere", à l'origine de tous les maux économiques de l'Italie.
 
"Je pense que ce genre de propagande est risquée parce qu'elle ne correspond pas aux réalités (...) certaines de ses positions sont incohérentes", estime Gian Maria Vian, directeur de L'Osservatore Romano, le quotidien du Vatican.