Pérou: une grande foule assiste à l'enterrement d'une victime des manifs antiminières

Scandant des slogans contre le gouvernement quelque milliers de manifestants ont assisté au convoi funéraire d'une des victimes des manifestations hostiles au projet minier Conga.

06 juil. 2012, 07:11
Plus d'un millier de personnes, défiant l'état d'urgence, ont défilé jeudi à Cajamarca, au nord du Pérou, transportant le cercueil d'une des 5 victimes des manifestations hostiles au projet minier Conga du groupe US Newmont.

Plus d'un millier de personnes, défiant l'état d'urgence, ont défilé jeudi à Cajamarca, au nord du Pérou, transportant le cercueil d'une des 5 victimes des manifestations hostiles au projet minier Conga du groupe US Newmont. Le président Ollanta Humala a été critiqué par la droite et la gauche en raison de la répression.

Scandant des slogans contre le gouvernement alors qu'elle passait près d'une centaine de policiers sur la place principale de Cajamarca, la procession mortuaire s'est dirigée vers l'église San Francisco, où a été célébrée une messe.

"Le sang versé ne sera jamais oublié", a repris l'assistance en pleurs et en colère après la mort de José Sanchez Huaman, un militant de 29 ans opposé au projet minier, victime d'une balle lors d'une manifestation dans la province de Celendin.

Trois des cinq victimes ont été tuées mardi lors d'affrontements avec les forces de l'ordre dans la ville de Celendin, qui ont également fait une vingtaine de blessés. D'autres heurts mercredi ont causé la mort d'un autre manifestant dans la ville de Bambamarca, dans la province voisine de Hualgayoc.

Appel d'Amnesty

L'état d'urgence a été décrété mardi durant 30 jours dans les trois régions concernées, dans le but de contenir le mouvement contre le projet d'aménagement de la mine d'or de Conga, appartenant à la société américaine Newmont et plus gros investissement minier du pays (4,8 milliards de dollars), qui doit voir le jour d'ici 2014.

Dans un communiqué, l'organisation Amnesty International a demandé "l'arrêt immédiat de la violence et demande des mesures de protection pour les défenseurs des droits humains".

Président critiqué

Le président Humala a lui été vertement critiqué jeudi par la droite et la gauche en raison de la répression contre les manifestations.

Selon les autorités locales et les chefs de la protestation, les victimes ont été tuées par balles, alors que le chef de la police a expliqué que les agents de sécurité n'avaient utilisé que des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants.

Démission exigée

A la suite des heurts, des parlementaires ont également demandé la démission du Premier ministre Oscar Valdés.

Le président Humala a déjà imposé par trois fois l'état d'urgence pour faire cesser des manifestations contre des projets miniers au Pérou qui est l'un des plus importants exportateurs mondiaux de métaux.

Les manifestants ont provoqué un arrêt quasiment complet de la mine depuis le mois de novembre, affirmant que celle-ci constituait une source de pollution, qu'elle réduisait l'approvisionnement local en eau et qu'elle n'avait pas créé d'effets économiques bénéfiques localement.