Paris prêt à amender son projet de résolution

La France est prête à modifier, dans certaines limites, son projet de résolution sur la Syrie, que Moscou juge «inacceptable», et souhaite pouvoir en discuter avec la Russie, a déclaré mardi à l'AFP le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Philippe Lalliot.

10 sept. 2013, 22:00
Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a présenté un projet qui demande la sanction des auteurs du massacre du 21 août par la Cour pénale internationale.

«Nous sommes prêts à amender notre projet dès lors que sont préservés ses grands principes et objectifs», a affirmé M. Lalliot.

«Il est étonnant que les Russes réfutent un texte qu'ils n'ont pas encore vu. Notre intention est naturellement d'en discuter avec eux», a dit le porte-parole du Quai d'Orsay.

Une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie, qui devait débuter mardi à 16h00 à New York (22h en Suisse), a été reportée jusqu'à nouvel ordre, selon des diplomates.

La réunion avait été convoquée par la Russie, qui s'oppose à un projet de résolution français.

Stock à démanteler

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a annoncé dans la matinée à Paris que la France allait proposer dans la journée à ses partenaires du Conseil de sécurité un projet de résolution contraignant. Il s'agit de faire suite à la proposition russe adressée à la Syrie de placer sous contrôle international son stock d'armes chimiques afin de le démanteler.

Énumérant cinq «idées» de ce projet de texte, M. Fabius, lors d'une conférence de presse, a évoqué en premier lieu la condamnation du massacre à l'arme chimique du 21 août commis, selon Paris, par le régime syrien et en deuxième lieu, l'exigence que Damas place sous contrôle international son arsenal chimique pour qu'il soit démantelé.

Le projet de texte, a-t-il ajouté, prévoit aussi un dispositif d'inspection et de contrôle par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) et en cas de violations, «des conséquences extrêmement sérieuses» pour la Syrie.

Le projet de résolution est envisagé dans le cadre du chapitre 7 de la charte des Nations unies, qui autorise un éventuel recours à la force.

Enfin, selon M. Fabius, le projet demande la sanction des auteurs du massacre du 21 août par la Cour pénale internationale.