Pakistan: une chrétienne pakistanaise condamnée à mort

Un tribunal pakistanais vient de rejeter l'appel d'une chrétienne condamnée à mort. Cette mère de famille avait été condamnée il y a quatre ans en vertu d'une loi sur le blasphème.
07 août 2015, 14:20
Asia Bibi a été condamnée à mort en 2010 en vertu d'une loi sur le blasphème.

Un tribunal pakistanais a rejeté jeudi l'appel de la chrétienne Asia Bibi, ont déploré ses avocats. Cette mère de cinq enfants a été condamnée il y a quatre ans à la peine de mort en vertu d'une loi controversée sur le blasphème.

Une douzaine d'imams, dont Qari Saleem, qui avait porté plainte contre Asia Bibi, ont salué la décision de la justice à la sortie du tribunal en chantant des slogans religieux. "Nous allons distribuer des sucreries à nos frères musulmans, car il s'agit d'une victoire pour l'islam", a déclaré à l'AFP l'imam Saleem.

Les avocats d'Asia Bibi avaient interjeté appel de la condamnation à mort, mais "deux juges de la Haute cour de Lahore (est) ont rejeté l'appel", a dit à l'AFP un des avocats de la jeune chrétienne, Shakir Chaudhry, affirmant vouloir porter l'affaire en Cour suprême.

Pour un verre d'eau

Asia Bibi a été accusée d'avoir insulté le prophète Mahomet par des femmes musulmanes de son village avec lesquelles elle s'était disputée. Dans une affaire rappelant le système des castes, ces dernières avaient refusé de boire de l'eau dans un verre qu'Asia Bibi venait d'utiliser, jugeant cette eau impure car la chrétienne y avait bu avant elles.

Quelques jours plus tard, ces femmes avaient fait état de l'affaire à un imam local qui avait porté plainte pour blasphème contre la jeune femme.

Moratoire respecté

Or la loi pakistanaise sur le blasphème, accusée par les libéraux d'être instrumentalisée pour régler des conflits personnels mais défendue bec et ongles par les islamistes, prévoit la peine de mort pour les personnes dénigrant Mahomet.

De nombreuses personnes ont ainsi été condamnées, mais la peine capitale n'a pas été exécutée depuis 2008, à l'exception d'un soldat condamné en cour martiale, le pays respectant un moratoire sur la peine de mort.