Pakistan: des hommes armés abattent neuf alpinistes étrangers et leur guide

Cinq alpinistes Ukrainiens, trois Chinois, un Russe et leur guide pakistanais ont été abattus par des hommes armés dans leur à Gilgit-Balistan, au nord du Pakistan, près de la Chine et du Cachemire.

23 juin 2013, 14:38
Des hommes armés ont attaqué un hôtel et abattu dimanche dix touristes Chinois, Ukrainiens et Russes. Les faits se sont produits dans la province de Gilgit-Baltistan, qui borde la Chine et le Cachemire au nord du Pakistan.

Neuf touristes étrangers et un garde ont été abattus dimanche dans le nord du Pakistan par des hommes armés qui ont attaqué le camp de base fréquenté par les alpinistes au pied du Nanga Parbat, un des plus hauts sommets du monde. Les victimes sont cinq Ukrainiens, trois Chinois et un Russe ainsi que leur guide pakistanais.

Le raid armé mené par une quinzaine d'hommes contre le camp de base du Nanga Parbat, qui culmine à 8'125 m dans la partie pakistanaise de l'Himalaya, compte parmi les plus sanglantes attaques menées ces dernières années contre des ressortissants étrangers au Pakistan.

Il faut remonter à l'attentat de Karachi, en 2002, où onze ingénieurs et techniciens français de la Direction des constructions navales ont été tués dans l'explosion d'une bombe, pour trouver trace d'une attaque au bilan aussi lourd visant des ressortissants étrangers.

Le commando, dont les membres avaient revêtu des uniformes d'une unité paramitaire locale, a fait irruption dans la nuit dans le village de tentes et de cabanes. Un garde pakistanais a été abattu puis les neuf alpinistes étrangers. Un grimpeur chinois a cependant réussi à s'échapper.

Dans un premier temps, les autorités pakistanaises avaient évoqué une attaque contre un hôtel proche du camp de base, dans une zone très isolée et difficile d'accès de la province septentrionale du Gilgit-Baltistan.

Le Premier ministre Nawaz Sharif a promptement condamné ces assassinats. "De tels actes cruels et inhumains ne sauraient être tolérés et tous les efforts seront entrepris pour faire du Pakistan un lieu sûr pour les touristes", a déclaré dans un communiqué Newaz Sharif, entré en fonctions il y a quelques semaines seulement.

"Etrangers, ennemis"

L'attaque a été revendiquée d'abord par le Jundollah, un groupe islamiste armé qui s'en est pris par le passé à des membres de la minorité chiite du Pakistan, dont une embuscade contre un car qui a fait 18 morts en février 2012 dans le nord du Pakistan.

"Ces étrangers sont nos ennemis, nous revendiquons avec fierté la responsabilité de cette attaque et nous en commettrons d'autres", a déclaré à Reuters un porte-parole du groupe armé joint par téléphone.

Mais les taliban pakistanais se sont ensuite attribué l'attaque, présentée comme une riposte à la mort d'un de leurs chefs de plus haut rang, Wali-ur-Rehman, victime d'un tir de drone américain au mois de mai.

"Nous voulions venger l'assassinat de notre chef dans cette attaque de drone", a déclaré le porte-parole du Mouvement des taliban pakistanais, Ehsanullah Ehsan. "Nos attaques contre des ressortissants étrangers se poursuivront", a-t-il ajouté.

Région sûre

Des forces de sécurité ont été déployées en nombre sur place pour tenter de retrouver les auteurs de la tuerie qui ont réussi à prendre la fuite.

Le Gilgit-Baltistan, qui borde la Chine et le Cachemire, est considéré comme l'une des régions les plus sûres du Pakistan. Elle a cependant été le théâtre ces dernières années d'attaques d'activistes islamistes contre des membres de la minorité chiite du pays. Cette attaque est toutefois la première visant des touristes étrangers dans cette province.

Compte tenu de l'isolement de ce secteur, sans routes ni transports, les corps des touristes devaient être récupérés par hélicoptère.