Orge: les changements climatiques menacent la production de bière

Les changements climatiques devraient régulièrement faire plonger la production d’orge et avec elle, celle de la bière. Le prix de la boisson alcoolisée la plus populaire du monde pourrait doubler voire tripler.

16 oct. 2018, 09:42
Les changements climatiques devraient régulièrement faire plonger la production d’orge et avec elle, celle de la bière.

La production de bière est-elle menacée par les changements climatiques? C’est en tous les cas ce qu’affirme une étude publiée lundi par le magazine Nature Plants.

Selon ses auteurs, la multiplication des événements majeurs (vagues de chaleur extrême, sécheresse) portera atteinte à la production d’orge, un ingrédient essentiel de la fabrication de la bière. Si le réchauffement se poursuit au rythme actuel, au cours de ce siècle, plus de 16 % de la production mondiale de bière pourrait disparaître. C’est, à peu de chose près, l’équivalent de ce qui est bu en un an aujourd’hui aux États-Unis.

Cette diminution aura un impact direct sur le prix de la mousse. Selon les chercheurs, il doublera, même en tenant compte de l’inflation. Dans des pays comme l’Irlande, où le coût est déjà élevé, il pourrait même tripler.

Moins de 20% d’orge pour la bière

L’orge est d’abord utilisé pour nourrir les animaux d’élevage. Moins de 20% de la production mondiale – soit celle de meilleure qualité – est destinée à la bière. Donc si la céréale se fait plus rare, la proportion consacrée pour la boisson alcoolisée diminue drastiquement. «Les cultures de haute qualité sont encore plus sensibles», résume un des auteurs de l’étude, Dabo Guan, professeur en économie du changement climatique à l’université d’East Anglia (Grande-Bretagne).

En outre, dans un monde où le climat menace également de réduire la productivité et la valeur nutritionnelle du blé, du maïs ou encore du riz, l’orge pourrait en priorité être consacrée à des usages alimentaires.  

Sensibiliser le grand public

Si les chercheurs ont mobilisé l’exemple de la bière pour aborder cette problématique, c’est en partie pour toucher un public plus large.

 

 

«L’un des plus grands défis en tant que scientifique effectuant des recherches sur le changement climatique et l’alimentation, c’est de l’illustrer d’une manière compréhensible pour tous », a souligné Lewis Ziska, un scientifique du département de l’Agriculture des États-Unis dans un courrier adressé au quotidien québécois Le Devoir. Et le chercheur de conclure: «Peu de gens se plaindraient si le réchauffement climatique ruinait les choux de Bruxelles».