Nucléaire iranien: un hebdomadaire interdit après des critiques

L'hebdomadaire iranien ultraconservateur "9 Day", qui a critiqué le gouvernement et sa manière de mener les négociations nucléaires avec les grandes puissances, a été tout simplement interdit

16 févr. 2015, 13:33
L'Iran et les grandes puissances cherchent un accord qui autoriserait certaines activités nucléaires civiles iraniennes avec la garantie qu'elles resteront exclusivement pacifiques, en contrepartie de la levée des sanctions internationales.

L'hebdomadaire ultraconservateur "9 Day" ("30 décembre") a été interdit lundi pour des critiques envers le gouvernement iranien. Il reprochait à ce dernier sa conduite des négociations nucléaires face aux grandes puissances, selon l'agence Isna.

La commission de la surveillance de la presse, chargée de contrôler les médias, a jugé que l'hebdomadaire avait publié des articles "insultants à l'égard de l'imam Khomeiny (fondateur de la République islamique) et contraires à la politique nucléaire du régime".

"Chaque pas de (Mohammad Javad) Zarif a détruit 100 kilos des réserves d'uranium enrichi" de l'Iran, avait notamment écrit le journal après une promenade du chef de la diplomatie iranienne avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry dans les rues de Genève en marge d'une séance de négociations à la mi-janvier, selon Isna.

L'hebdomadaire, dirigé par le député ultraconservateur Hamid Ressaïe, dénonçait régulièrement les négociations nucléaires, affirmant que le gouvernement avait fait trop de concessions en signant l'accord intérimaire de Genève en novembre 2013. Selon cet accord, l'Iran a gelé une partie de ses activités nucléaires contre une levée partielle des sanctions internationales.

L'Iran et les pays du groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) tentent de conclure un accord global. Celui-ci autoriserait certaines activités nucléaires civiles iraniennes avec la garantie qu'elles resteront exclusivement pacifiques, en contrepartie de la levée des sanctions internationales.