Nucléaire iranien: Téhéran veut une réunion ministérielle supplémentaire après Genève

Le ministre iranien des Affaires étrangères a insisté pour qu'une réunion ministérielle se tienne après la réunion de Genève sur le dossier nucléaire qui s'ouvre mardi.
14 oct. 2013, 19:33
M. Zarif participera mardi à la séance d'ouverture des négociations.

Le ministre iranien des Affaires étrangères est arrivé lundi à Genève pour des négociations qui s'ouvrent mardi à Genève avec les grandes puissances sur le dossier nucléaire. Il a insisté sur la nécessité d'une réunion ministérielle après cette réunion pour finaliser un éventuel accord.

"J'espère que nous pourrons arriver à une feuille de route d'ici mercredi, mais (...) il sera probablement nécessaire d'avoir une nouvelle réunion ministérielle", a écrit Mohammad Javad Zarif sur sa page Facebook tard dimanche.

L'Iran et les pays du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) doivent se retrouver mardi et mercredi à Genève pour reprendre les négociations nucléaires interrompues depuis avril dernier.

M. Zarif devait rencontrer dès son arrivée lundi soir la cheffe de la diplomatie européenne Catherine Ashton. Le porte-parole de Mme Ashton, Michael Mann, a précisé à l'ats que la responsable européenne dînait avec le ministre iranien des Affaires étrangères.

A huis clos

Les négociations s'ouvriront mardi matin au Palais des Nations. Les participants ont demandé à l'ONU d'accueillir les discussions dans son bâtiment, bien qu'elle n'y soit pas associée. Le lieu de la réunion a été barricadé dès lundi soir et les délégations discuteront dans la salle du Conseil à huis clos.

Les négociations de Genève sont prévues au niveau des directeurs politiques ou des vice-ministres des Affaires étrangères. Une première réunion ministérielle a eu lieu en septembre dernier à New York, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

M. Zarif participera mardi à la séance d'ouverture des négociations. Son vice-ministre, Abbas Araghchi, dirigera ensuite les discussions côté iranien. "Si nécessaire, j'interviendrai également", a toutefois écrit M. Zarif. "Nous voulons changer l'approche des six dernières années qui n'a donné aucun résultat", a-t-il ajouté.

Plan irréfutable

M. Araghchi a déclaré de son côté que "le plan qui sera présenté par M. Zarif aux pays du 5+1 lors de la séance d'ouverture (...) a été préparé de telle sorte qu'il n'y ait pas de prétexte pour le refuser". Il n'a pas été plus explicite sur ce point, mais il a répété que "l'enrichissement d'uranium est la ligne rouge de l'Iran".

Selon le rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) publié fin août, l'Iran possède 6774 kilogrammes d'uranium enrichi à 3,5%, et 186 kg d'uranium enrichi à 20%. Le pays a également transformé 187 autres kilogrammes d'uranium enrichi à 20% en barres de combustibles. L'Iran possède plus de 19'000 centrifugeuses, dont 1000 de la nouvelle génération, plus puissantes que les précédentes.

Les Occidentaux et Israël soupçonnent l'Iran de cacher un volet militaire sous son programme nucléaire civil. Ils s'inquiètent de la possibilité pour Téhéran d'enrichir l'uranium à un niveau suffisant pour fabriquer une bombe atomique.