Nucléaire iranien: les négociations irano-américaine se tiennent à Oman

Pour tenter de parvenir à un accord global sur le programme nucléaire iranien avant la date butoir du 24 novembre, le secrétaire d'Etat américain John Kerry rencontre son homologue iranien ce dimanche à Oman.

09 nov. 2014, 09:42
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry va rencontrer son homologue iranien afin d'avancer sur le dossier du programme nucléaire à Oman.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry est arrivé dimanche à Oman. Il va rencontrer son homologue iranien afin d'avancer sur le dossier du programme nucléaire de Téhéran pour tenter de parvenir à un accord global avant la date butoir du 24 novembre.

John Kerry doit rencontrer dimanche et lundi Mohammad Javad Zarif avec la représentante ad hoc de l'Union européenne Catherine Ashton. Ils vont tenter de rapprocher leurs points de vue. La rencontre tripartite sera suivie mardi par une réunion de hauts responsables de l'Iran et du 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne).

"Il y a encore un écart" entre les positions des uns et des autres "sur la taille du programme d'enrichissement et le mécanisme de levée des sanctions", a déclaré M. Zarif, cité par l'agence officielle Irna. "Si l'autre partie fait preuve de bonne volonté politique, on pourra aboutir à un accord".

Se concentrer sur des solutions

Cité par la télévision d'Etat, le ministre iranien a encore affirmé: "Depuis New York, nous avons décidé de nous concentrer sur les solutions au lieu de nous concentrer sur les différences".

Ces deux jours de réunion dans le sultanat d'Oman interviennent après la récente révélation de l'envoi d'une lettre du président américain Barack Obama au guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, qui a la haute main sur le dossier. La missive plaide en faveur d'un accord nucléaire, faisant valoir que l'Iran et les Occidentaux ont des intérêts communs dans la région.

Pas de lien

Toutefois, la référence à la lutte en Irak et en Syrie contre le groupe Etat islamique a été minimisée par M. Kerry. Il a affirmé durant le week-end qu'il n'y a "aucun lien entre les négociations sur le nucléaire et d'autres questions distinctes" au niveau régional.

Un point de vue partagé officiellement par Téhéran. Même si le président du Parlement iranien, Ali Larijani, a dit que la conclusion de cet accord pourrait avoir des répercussions positives dans la région.

Eviter la déviation militaire

A deux semaines de la date butoir, l'Iran et le groupe 5+1 sont toutefois encore loin d'un accord. L'Occident et Israël soupçonnent l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique sous couvert de programme nucléaire civil, malgré les dénégations de Téhéran. Pour les Occidentaux, un accord doit lever toutes les inquiétudes sur la possibilité de déviation du programme vers un volet militaire.

La taille du futur programme d'enrichissement d'uranium de l'Iran -industrielle selon Téhéran et réduite selon les Occidentaux- ainsi que le calendrier pour la levée des sanctions internationales contre l'Iran sont les deux principaux sujets de divergences.

Négociations critiquées

La politique intérieure des deux pays risque toutefois d'influencer les négociations. A Washington, le président démocrate vient de subir une sévère défaite électorale en perdant le contrôle du Sénat au profit des Républicains. Ces derniers sont très critiques sur les négociations avec Téhéran.

M. Zarif est aussi sous pression. Certains membres du Parlement iranien, dominé par les conservateurs, ont souligné que l'accord global devra être ratifié par les députés pour être valide. Les plus radicaux ont mis en garde le gouvernement de M. Rohani sur les concessions que pourrait faire l'équipe de négociateurs de M. Zarif.

Ambivalence

Bien qu'officiellement favorable à un accord, l'aile dure du régime iranien a toujours été ambivalente au sujet des négociations. Celles-ci avaient été relancées à l'automne dernier après plusieurs années de blocage. Les progrès ont été timides depuis l'accord intérimaire conclu à Genève en novembre 2013.