Nucléaire: dialogue renoué entre l'Iran et les Occidentaux

Les deux jours de discussion sur la question nucléaire qui se sont tenus à Genève ont permis à l'Iran et à l'Union européenne de renouer le dialogue. Sans pour autant progresser sur le fond.
16 oct. 2013, 19:32
Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif souhaite "ouvrir une nouvelle page" avec les Occidentaux.

Au terme de deux jours de discussions à Genève, l'UE et l'Iran ont renoué le dialogue, sans pour autant faire état de progrès sur le fond. Le ministre iranien des Affaires étrangères a exprimé la volonté de Téhéran d'ouvrir une nouvelle page dans les relations avec les Occidentaux.

Une nouvelle rencontre entre l'Union européenne (UE), les six et l'Iran sur le dossier nucléaire aura lieu les 7 et 8 novembre à Genève, a annoncé la cheffe de la diplomatie européenne Catherine Ashton aux 400 journalistes rassemblés au Centre international de conférences de Genève. Auparavant, les experts se retrouveront pour discuter de détails techniques des négociations.

La responsable de la diplomatie européenne a souligné que pour la première fois l'Iran et l'UE ont adopté une déclaration commune. Elle a affirmé que "jamais auparavant, les discussions n'ont été aussi détaillées". Toutefois, elle n'est pas entrée dans le contenu de la négociation, d'un commun accord avec l'Iran.

La déclaration commune, très courte, qualifie d'importante la nouvelle proposition iranienne avancée mardi, mais ne dit rien sur les mesures de confiance que les deux parties veulent mettre en oeuvre par étapes.

Volonté politique

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a été plus loquace. Il a souhaité "ouvrir une nouvelle page". "Nous espérons que c'est le début d'une nouvelle phase dans nos relations", a-t-il dit. Il a estimé que les 5+1 ont "fait preuve de la volonté politique nécessaire pour aller de l'avant".

"Ces discussions ont été très utiles, des négociations sérieuses ont eu lieu sur la feuille de route", a affirmé le chef de la diplomatie iranienne, confirmant le nouveau ton adopté par Téhéran depuis l'élection du président Hassan Rohani en juin.

"J'ai l'espoir que nous puissions atteindre des objectifs communs. Les détails sont la partie la plus difficile", a ajouté M. Zarif. Il a estimé que les deux côtés sont sérieux pour trouver une issue à ce problème "dans une période raisonnable de temps".

Route plutôt difficile

"C'est une première étape sur une route plutôt difficile. Cela nécessite du temps et de la bonne volonté", a-t-il dit, en expliquant que les Occidentaux ont besoin de temps pour digérer les propositions iraniennes et en souhaitant qu'ils "renonceront à toute action exacerbant le problème".

Interrogé sur l'application par l'Iran du protocole additionnel au Traité sur la non-prolifération (TNP), qui prévoit des inspections sur place, M. Zarif a affirmé que "des mécanismes divers de vérification sont en discussion". "Cela n'inclut pas le protocole additionnel en raison de restrictions légales en Iran", a-t-il dit.

La question sera discutée dans des étapes ultérieures des négociations, a-t-il ajouté.

"C'est un bon début. L'Iran est très sérieux", a-t-il conclu en insistant sur la nécessité de changer de direction par rapport à la politique de sanctions adoptée jusqu'ici par les Occidentaux.

Selon des sources diplomatiques, l'Iran a évoqué lors des négociations une réduction des activités d'enrichissement et une transformation d'une partie de son stock actuel d'uranium enrichi à 20 % en oxyde d'uranium servant au fonctionnement des réacteurs civils. Une réduction du nombre de centrifugeuses serait aussi envisageable en l'échange de gestes concrets.

Pas de raison d'applaudir

Le délégué russe, le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, s'est montré de son côté très prudent. Il a déclaré à l'agence de presse russe Interfax qu'après la rencontre de ces deux derniers jours rien, à ses yeux, ne garantissait des avancées dans les négociations.

"Le résultat est meilleur qu'à Almaty (lors de la précédente réunion en avril), mais il ne garantit pas que nous progresserons encore. Il n'y a pas de raison d'applaudir", a-t-il dit.