Nouvelle purge en Turquie: 600 policiers limogés ou mutés à Ankara

Le Premier ministre turc a engagé une épuration sans précédent de la police et de la justice. Mercredi, c'est quelque 600 membres de la police turque qui ont été limogés ou mutés.

22 janv. 2014, 19:03
Turkey's Prime Minister Recep Tayyip

Nouvelle purge dans les effectifs de la police turque: le gouvernement a limogé ou muté près de 600 de ses membres mercredi. Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a engagé une épuration sans précédent de la police et de la justice, depuis qu'une dizaine de ses proches sont visés par une enquête judiciaire.

Le nombre de policiers, hauts gradés ou simples officiers mutés ou révoqués, s'élève à plus de 2000, selon le décompte de la presse turque. Ils sont accusés d'abriter le coeur d'un "complot" visant à déstabiliser le régime actuel, au pouvoir depuis 2002.

Mardi matin, un total de 470 membres de la sûreté nationale, des hauts gradés ou simples policiers, ont été limogés ou mutés dans la seule ville d'Ankara, a rapporté la chaîne d'information NTV.

Puis, une quinzaine de policiers ont subi le même sort à Izmir, métropole de l'Ouest de la Turquie, selon l'agence de presse Dogan. Et mardi soir, une centaine de fonctionnaires de police d'Istanbul se sont vu remettre des notifications de limogeage et de mutation, a affirmé le journal "Hürriyet" sur son site internet.

96 magistrats mutés mardi soir

Dans le même temps, le gouvernement a également multiplié les purges dans la magistrature. Mardi soir, un total de 96 procureurs et juges de haut rang de plusieurs villes du pays ont été mutés.

Le Parlement turc a également commencé à débattre en séance plénière d'un projet de loi très controversé qui vise à réformer le Haut-conseil des juges et procureurs (HSYK) afin de donner, notamment, au ministre de la Justice le dernier mot en matière de nomination des magistrats.

Depuis un mois, le chef de gouvernement islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan accuse ses anciens alliés de la puissante confrérie du prédicateur musulman Fethullah Gülen d'avoir infiltré la police et la justice et de manipuler les enquêtes anticorruption qui visent ses proches.

Ces tensions interviennent à la veille des élections municipales de mars et présidentielle d'août 2014.