New York veut tourner la page du maire Bloomberg

Michael Bloomberg est maire de New York depuis douze ans. Les New Yorkais votent ce mardi pour choisir parmi une dizaine de candidats démocrates et républicains susceptibles de lui succéder.

10 sept. 2013, 07:14
Les New-Yorkais votent ce mardi pour choisir parmi une dizaine de candidats démocrates et républicains les deux qui seront en lice pour l'élection du nouveau maire le 5 novembre. Le futur élu succédera à Michael Bloomberg, qui dirige la ville depuis douze ans.

Les New-Yorkais votent ce mardi pour choisir parmi une dizaine de candidats démocrates et républicains les deux qui seront en lice pour l'élection du nouveau maire le 5 novembre. Le futur élu succédera à Michael Bloomberg, qui dirige la ville depuis douze ans.

Dans une ville très majoritairement démocrate, les primaires de ce parti ont retenu toute l'attention. D'autant qu'après des semaines d'une campagne où tout semblait joué d'avance, les sondages se sont brusquement affolés, plaçant désormais largement en tête le plus à gauche des candidats, Bill de Blasio, le médiateur de la ville.

Selon un sondage publié lundi, M. de Blasio, qui a fait campagne sur le thème des inégalités et se présente comme l'anti-Bloomberg, est désormais à 39% des intentions de vote, loin devant ses opposants démocrates. Il flirte avec le seuil de 40% qui l'assurerait dès mardi d'être le candidat démocrate à la mairie. En-dessous de ce score, un second tour sera organisé le 1er octobre.

"Ploutocrate"

Depuis des semaines, Bill de Blasio répète le même message, du haut de son 1,95 m: après 12 ans d'un Bloomberg milliardaire et "ploutocrate", il est le seul qui osera changer de cap. Il veut augmenter les impôts des New-Yorkais gagnant plus de 500'000 dollars par an pour financer l'école maternelle pour tous avant quatre ans.

Il dénonce les inégalités et la politique controversée des fouilles au corps de la police new-yorkaise qui vise surtout les jeunes noirs et latinos.

Stratégie "destructive"

Dans une campagne où les attaques sont allées bon train, Michael Bloomberg lui même est sorti de sa réserve, l'accusant de mener une campagne "raciste" et de "guerre des classes". "Il en appelle aux électeurs en utilisant sa famille" racialement mixte, a dénoncé le maire ce week-end.

M. de Blasio, 52 ans, Italo-américain, est en effet marié à une Afro-américaine, Chirlane McCray, ancienne lesbienne, très présente dans sa campagne, tout comme son fils de quinze ans, Dante, à la coupe afro devenue célèbre.

M. Bloomberg a également dénoncé la stratégie "destructive" de M. de Blasio visant à opposer "deux villes". "Il est très populiste, très à gauche. C'est une honte parce que j'ai toujours pensé qu'il était très intelligent", a-t-il martelé.

Messages sexuels

Fin juillet, M. de Blasio était encore quatrième, à 14% des intentions de vote, derrière l'ancien Représentant Anthony Weiner, la présidente du conseil municipal Christine Quinn, et l'ancien contrôleur financier de la ville Bill Thompson.

M. Weiner est aujourd'hui à 6%, tué par de nouveaux aveux sur sa manie d'envoyer des messages sexuels à des inconnues. Mme Quinn est, elle, à 18%, emprisonnée dans son costume d'"héritière" de Michael Bloomberg alors que deux tiers des New-Yorkais aspirent au changement. Bill Thomson, battu par M. Bloomberg en 2009, était quant à lui à 25%.

Un favori au GOP

Côté républicain, où trois candidats sont en lice, tous les sondages depuis janvier placent en tête Joe Lotha, l'ancien président de l'autorité des transports new-yorkais (MTA).

Ecoutez quelques interview des candidats à la succession de Bloomberg, réalisés par "WSJ" (en anglais)