Nelson Mandela fête ses 95 ans entre la vie et la mort

Nelson Mandela fête ce jeudi ses 95 ans à l'hôpital de Pretoria, en Afrique du Sud.

18 juil. 2013, 07:30
L'artiste sud africain John Adams travaille sur une fresque géante de Nelson Mandela.

L'ex-président sud-africain Nelson Mandela fête jeudi ses 95 ans à l'hôpital de Pretoria où il se trouve depuis le 22 juin, dans un état "critique". L'ONU a décrété en 2010 que le 18 juillet serait le jour international d'hommage au héros de la lutte anti-apartheid.

Chaque citoyen du monde est appelé à consacrer symboliquement 67 minutes de son temps à une oeuvre au service de la collectivité, en mémoire des 67 années que Mandela a vouées à sa lutte pour l'égalité.

En Afrique du Sud, une association de motards va nettoyer des rues, des volontaires vont repeindre des écoles et les enfants vont chanter "Joyeux anniversaire" à 8h (même heure en Suisse). Chaque homme ou femme politique ne manquera pas de se faire photographier les manches retroussées, prêtant la main à une oeuvre caritative.

Le "Mandela Day" est un jour important pour tous les Sud-Africains, et un récent sondage révélait que 89% des jeunes se promettaient de participer aux actions de charité. Même le président Jacob Zuma, au nom de la réconciliation entre les races voulue par Mandela, s'apprêtait à présider à une remise de maisons sociales à des blancs pauvres.

Entre le vie et la mort

Cet anniversaire est marqué d'une émotion toute particulière, alors que l'icône mondiale de la réconciliation raciale reste entre la vie et la mort depuis des semaines, sous assistance respiratoire.

Les dernières nouvelles distillées par ses proches semblaient un peu plus optimistes. Ils s'accordent à dire qu'il "réagit au traitement" et qu'il reconnaît ses visiteurs, avec qui il communique apparemment par le regard. Son épouse Graça Machel, qui le veille jour et nuit, s'est dite vendredi passé "un peu moins anxieuse" qu'une semaine auparavant.

Querelle familiale

Pour ses plus proches, l'anniversaire est aussi péniblement marqué par la récente querelle de famille qui s'est étalée sur la place publique sud-africaine. La famille a attaqué en justice l'aîné des petits-fils pour avoir fait déplacer dans son propre village -et sans autorisation- les tombes de trois enfants décédés de Mandela.

Le petit-fils, Mandla Mandela, est accusé de vouloir créer un lieu de mémoire touristique dans son village autour du nom de Mandela. Mis en cause, il a contre-attaqué en déballant de prétendus secrets de famille lors d'une conférence de presse en direct à la télévision.

Prêcher la réconciliation

Mandela a été emprisonné pendant 27 ans par le régime ségrégationniste d'apartheid. il est ressorti de prison sans un mot de vengeance.

Libéré en 1990, il a négocié avec le pouvoir en place une transition douce vers la démocratie. Une fois président, en 1994, il n'a jamais cherché à humilier ou à défavoriser la communauté blanche, prêchant au contraire en permanence la réconciliation.

"Jamais auparavant dans l'histoire un être humain n'avait été aussi universellement reconnu de son vivant comme l'incarnation de la magnanimité et de la réconciliation", a dit de lui l'ex-archevêque anglican Desmond Tutu, lui même prix Nobel de la paix pour sa résistance à l'apartheid.