Mugabe conseille à l'opposition ''d'aller se faire pendre''

En réaction aux critiques des opposants sur sa victoire à l'élection présidentielle au Zimbabwe, Rober Mugabe leur a conseillé d'aller "se faire pendre".

12 août 2013, 13:29
Rober Mugabe a été réélu au premier tour avec 61% des voix.

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a rejeté lundi les critiques de ceux qui contestent devant la justice sa large victoire aux élections du 31 juillet. Dans son premier discours depuis sa réélection, il leur a conseillé d'"aller se faire pendre".

"Nous ne reviendrons jamais sur notre victoire", a lancé le chef de l'Etat, âgé de 89 ans, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980 et reconduit pour cinq ans, après un scrutin entaché de fraudes massives selon l'opposition et des observateurs locaux.

"C'est à prendre ou à laisser, mais le peuple a fait un acte démocratique", a dit le président à l'occasion de la fête célébrant les héros de la lutte pour l'indépendance.

Tsvangirai dénonce un "vol"

M. Mugabe a été réélu au premier tour avec 61% des voix, contre 34% au Premier ministre sortant Morgan Tsvangirai. Ce dernier a déposé vendredi un recours devant les tribunaux pour tenter de faire invalider le scrutin, estimant que les listes électorales avaient été manipulées pour favoriser la victoire du président sortant.

"Tout ce que je vois, c'est une nation endeuillée par l'audace de si peu de gens qui ont pu voler à tant d'autres", a déclaré lundi M. Tsvangirai dans un communiqué.

"Les voleurs ont laissé un grand nombre de preuves sur les lieux du crime, comme nous allons le démontrer dans la pétition populaire que nous avons déposée la semaine dernière", a ajouté le leader de l'opposition.

Critiques occidentales

Les pays occidentaux, qui n'avaient pas pu envoyer d'observateurs, ont crié à la fraude, ainsi que le Botswana, seul pays africain à donner de la voix.

Les élections générales du 31 juillet devaient mettre fin à un fragile gouvernement de cohabitation formé sous la pression des pays voisins il y a quatre ans par MM. Mugabe et Tsvangirai afin de redresser l'économie du pays et de lui éviter une guerre civile après une campagne électorale très violente en 2008.