Mort du général iranien: Téhéran attaque deux bases américaines en Irak

L’Iran a lancé mercredi une vingtaine de missiles sur deux bases américaines en Irak, en représailles à l’assassinat du général Qassem Soleimani par les Etats-Unis. Selon Trump, le bilan de cette attaque ne serait pas très lourd.

08 janv. 2020, 06:48
La base d'Aïn al-Assad en Irak est l'une des deux installations utilisées par l'armée américaine et visée par l'Iran (archives).

Cinq jours après l’élimination du général Qassem Soleimani, l’Iran a lancé mercredi la riposte contre les Etats-Unis. Téhéran a tiré des missiles contre deux bases abritant des soldats américains en Irak.

Selon le Pentagone, une douzaine de missiles ont été lancés depuis l’Iran contre les bases d’Aïn al-Assad et d’Erbil. Ces raids, revendiqués par Téhéran, marquent un tournant faisant redouter une escalade régionale ou un conflit ouvert, même si dirigeants américain et iranien ont rapidement semblé vouloir calmer le jeu.

 

 

Le commandement militaire irakien a annoncé que 22 missiles se sont abattus sur deux bases sur son sol sans faire de «victime parmi les forces irakiennes».

Le communiqué ne fait pas mention d’éventuelles victimes au sein des forces de la coalition.

Dans un tweet au ton particulièrement léger et plutôt apaisant, le président américain Donald Trump a indiqué qu’il ferait une déclaration mercredi matin et laissé entendre que le bilan n’était pas très lourd. «L’évaluation des dégâts et des victimes est en cours. Jusqu’ici, tout va bien!», a-t-il lancé.

 

 

L’agence fédérale de l’aviation américaine (FAA) a tout de même interdit aux avions civils américains le survol de l’Irak, de l’Iran et du Golfe.

L’Allemagne et l’Australie ont fait savoir que leurs soldats stationnés en Irak allaient bien. De son côté, Mohammad Javad Zarif, chef de la diplomatie iranienne, a affirmé que son pays avait mené et «terminé» dans la nuit des représailles «proportionnées». «Nous ne cherchons pas l’escalade ou la guerre», a-t-il insisté.

Les cours du pétrole s’envolaient eux de plus de 4,5% mercredi matin dans les échanges en Asie.

 

 

Nouvelle phase

Ces tirs interviennent alors que se terminent à peine les funérailles du général Qassem Soleimani, assassiné vendredi à Bagdad avec l’Irakien Abou Mehdi al-Mouhandis, leader des paramilitaires pro-Iran désormais intégrés aux forces de sécurité irakiennes.

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Les Gardiens de la révolution iraniens, l’armée idéologique de la République islamique, ont conseillé à Washington de rappeler ses troupes déployées dans la région «afin d’éviter de nouvelles pertes», et menacé de frapper Israël et «des gouvernements alliés» de l’Amérique.

 

 

Donald Trump a clairement écarté mardi toute intention de quitter l’Irak. La veille, son administration avait créé la confusion en transmettant par erreur aux autorités irakiennes une lettre annonçant des préparatifs en vue du retrait de leurs soldats. Ce courrier faisait référence à un vote du Parlement irakien qui a exhorté dimanche son gouvernement à expulser les troupes étrangères d’Irak après la colère provoquée par l’élimination de Soleimani