MH370: de nouveaux signaux détectés dans l'océan Indien

L'Australie a annoncé la détection de nouveaux signaux compatibles avec les ultrasons émis par des boîtes noires d'avion.
07 avr. 2014, 13:09
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L'Australie a annoncé lundi un possible tournant dans les opérations de recherche du vol MH370. De nouveaux signaux acoustiques "compatibles" avec les ultrasons émis par des boîtes noires ont été découverts dans l'océan Indien.

Pour l'ancien chef des armées australiennes, Angus Houston, qui coordonne les opérations, la détection de ces signaux émanant des fonds marins suggèrent que les enquêteurs sont désormais "très près de l'endroit où (ils) doivent être".

Si elle se confirmait, cette avancée serait aussi spectaculaire qu'inespérée, survenant alors même que les boîtes noires du Boeing 777 de Malaysia Airlines menacent de se taire à jamais après 30 jours d'immersion, délai au-delà duquel elles cessent d'émettre.

Deux ondes distinctes

Deux signaux ont été captés, l'un pendant deux heures et 20 minutes, l'autre pendant 13 minutes. Lors de la seconde détection, deux ondes distinctes étaient audibles. Elles pourraient provenir de chacune des deux boîtes noires: le DFDR (Digital flight Data Recorder), qui enregistre tous les paramètres de vol (vitesse, altitude, etc.) et le CVR (Cockpit Voice Recorder), l'enregistreur de vol phonique.

Selon le chef de la 7e Flotte américaine, le Commandant William Marks, l'un des signaux s'est alternativement intensifié, puis affaibli, suggérant que les appareils de détection se trouvaient près de la source d'émission.

"C'est généralement ce qui se passe lorsque vous vous rapprochez de la boîte noire - le signal devient plus fort - et quand vous vous en éloignez, ils devient moins net", a-t-il expliqué.

Flotte internationale

Une flotte navale et aérienne internationale sillonne l'océan Indien depuis des semaines à la recherche de débris ou des boîtes noires du Boeing 777 de Malaysia Airlines disparu le 8 mars avec 239 personnes à bord. Ces recherches menées à 2000 km des côtes occidentales de l'Australie, le long de la trajectoire présumée de l'avion selon un arc de cercle nord-sud, sont jusqu'ici demeurées infructueuses.

Mais depuis la semaine dernière, trois navires équipés de capteurs acoustiques immergées sondent les fonds marins. Le navire chinois, le Haixun 01, a repéré samedi un signal émis pendant 90 secondes à la fréquence de 37,5 kHz, identique à la fréquence des ultrasons émis par les enregistreurs de vol.

Les boîtes noires, équipées d'une balise qui se déclenche en cas d'immersion, sont le principal espoir des enquêteurs de retrouver l'épave du Boeing 777 et d'expliquer les conditions de sa disparition aux antipodes de son plan de vol.

Mais le temps presse car leur durée de vie est théoriquement de 30 jours à partir de leur déclenchement. "Les batteries (des boîtes noires) doivent s'approcher de leur fin de vie, cela fait 31 jours" que l'avion a disparu, a rappelé Angus Houston.

Pas d'hypothèse privilégiée

Comparaison est souvent faite avec le vol d'Air France Rio-Paris qui avait disparu au-dessus de l'Atlantique en juin 2009 après un problème lié à une sonde de vitesse et une mauvaise appréciation de la situation par le personnel de navigation.

Les enquêteurs savaient où chercher et des morceaux de l'appareil avaient été retrouvés cinq jours plus tard. Mais il avait fallu 23 mois pour retrouver les boîtes noires et en savoir plus sur le drame qui avait coûté la vie à 228 personnes.

Selon des données fournies par satellite, on estime que l'appareil de Malaisian Airlines s'est abîmé dans l'océan Indien, très au large de la côte occidentale de l'Australie, ce qui signifierait qu'il a, pour une raison inconnue, changé complètement de route.

L'enquête criminelle menée par les autorités malaisiennes examine le scénario d'un détournement, un acte de sabotage ou l'acte désespéré d'un passager ou d'un membre de l'équipage, mais aucun élément matériel n'a pour l'instant permis de privilégier l'une ou l'autre de ces hypothèses.