Menaces sur Genève: le Ministère public de la Confédération ouvre une 2e enquête pénale

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a ouvert samedi une enquête pénale à l'encontre de deux personnes d'origine syrienne appréhendées vendredi dans la région genevoise.

12 déc. 2015, 15:26
Les différentes manifestations prévues ce week-end à Genève sont maintenues.

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a ouvert une deuxième enquête pénale sur la base d'une menace terroriste dans la région de Genève. Deux personnes, arrêtées vendredi, sont en détention.

L'enquête pénale du MPC contre deux personnes d'origine syrienne a été ouverte samedi, a indiqué le MPC dans un communiqué. Le MPC invoque les soupçons de fabriquer, dissimuler et transporter des explosifs ou des gaz toxiques, selon l'article 226 du Code pénal. Il cite également des soupçons de violation de l'article 2 de la loi fédérale interdisant les groupes Al-Qaïda et Etat islamique comme les organisations apparentées.

Objectif: empêcher un acte terroriste

Le MPC, avec le soutien de fedpol, travaille étroitement avec la direction et les forces de la police cantonale de Genève. Le procureur général de la Confédération est en contact direct et régulier avec le conseiller d'Etat Pierre Maudet.

Sur place à Genève, le niveau de vigilance est le même depuis jeudi, précise la police genevoise dans un communiqué. Cela se traduit concrètement sur le terrain par davantage de policiers, un équipement plus important ainsi que des contrôles de véhicules et de personnes en hausse.

Les diverses animations historiques prévues samedi dans le périmètre de la Vieille-Ville sont maintenues. Des tirs au canons se feront depuis la promenade de la Treille et se déroulent de 13h45 à 19h, à raison d'un tir toutes les 30 minutes. Des tirs de mousquets ont également lieu en plusieurs endroits et à diverses heures, surtout en vieille ville.

Première enquête ouverte mercredi

Le Ministère public de la Confédération avait ouvert mercredi une première enquête pénale "sur la base d’une menace terroriste dans la région de Genève". Celle-ci visait un inconnu pour soupçons d’appartenance, respectivement de soutien à une organisation criminelle "ainsi que pour soupçons de violation de l’article 2 de la Loi fédérale interdisant les groupes Al-Qaïda et Etat islamique et les organisations apparentées".

La Confédération a été informée d'une menace terroriste à Genève par un service de renseignement étranger, a précisé vendredi à la presse la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga. Il n'existe pas d'indice que la Suisse soit actuellement une cible directe de l'Etat islamique, a-t-elle ajouté.

Recherches toujours en cours

Les forces de l'ordre du bout du lac continuaient de rechercher plusieurs personnes soupçonnées d'avoir prêté allégeance à l'Etat islamique. Dans le cadre de cette affaire, la justice genevoise a ouvert une procédure pénale pour actes préparatoires délictueux. Rien ne filtre toutefois de l'enquête.

Le porte-parole du Ministère public genevois Henri Della Casa n'a pas voulu communiquer vendredi le nombre de personnes recherchées par les forces de l'ordre. Les médias évoquent entre quatre et six suspects. La presse a même publié des photos de certains terroristes présumés, dont le visage a été flouté.

Note: Quatre derniers paragraphes nouveaux. Le procureur général genevois Olivier Jornot et François Schmutz, chef de la police cantonale, donnent une conférence de presse à 17h00 au siège du Ministère public genevois, Rte de Chancy 6B. L'ats couvre.