Marathon de Boston: participation record et sécurité draconienne

Un an après le double attentat, le marathon de Boston attend plus de 35'000 coureurs lundi. D'importantes mesures de sécurité encadrent la compétition.
21 avr. 2014, 08:34
L'Australien Trent Morrow, aussi connu sous le nom de "Marathon Man", participera au marathon de Boston.

Un million de personnes et plus de 35'000 coureurs sont attendus lundi à Boston pour le célèbre marathon de la ville, encadré cette année de mesures draconiennes de sécurité. L'an dernier, le double attentat à la bombe avait endeuillé la fête.

Plus de 3500 policiers ont été mobilisés dans la capitale du Massachusetts, dans le nord-est des Etats-Unis, soit le double des effectifs de 2013. A leurs côtés, 600 membres de la garde nationale et 3500 agents privés de sécurité, recrutés par les organisateurs.

Et ils seront 9000 coureurs de plus qu'en 2013 à prendre le départ, certains pour la première fois, certains en hommage aux trois morts et 264 spectateurs blessés l'an dernier par l'explosion de deux bombes artisanales près de la ligne d'arrivée.

Les organisateurs ont imposé des mesures draconiennes de sécurité, interdisant notamment tous les sacs pour les participants, à l'exception d'un sac transparent pour leurs vêtements de rechange après la course, qui leur sera distribué sur place. Les spectateurs ont été dissuadés également d'apporter sacs, glacières ou couvertures, et tant pis pour les pique-niques.

Les bombes de l'an dernier avaient été déposées dans des sacs à dos à même le sol, par deux frères musulmans d'origine tchétchène. "Nous sommes très vigilants, très bien préparés. On peut assurer aux gens que ce sera un jour de fête et une journée sûre", a promis le gouverneur de l'Etat Deval Patrick sur CBS dimanche.

Hommage aux victimes

Dans la ville à la veille du départ, sous un grand soleil, des centaines de coureurs ou de passants s'arrêtaient devant un mémorial - décoré de chaussures de course et de fleurs - érigé à la mémoire des victimes de l'attaque. "Nous ne les oublierons jamais", proclame un panneau en travers de quatre croix portant le nom des trois personnes tuées dans la double explosion et d'un policier tué au cours de la traque des auteurs de l'attentat.

Partout, sur des tee-shirts, dans des devantures ou sur des affiches, "Boston strong", le mantra de la ville depuis un an.

"Je suis un peu accro à cette ville et je sais que courir le marathon demain signifiera plus que simplement courir", dit Josef Klobusnik, un Slovaque de 55 ans vivant dans le Minnesota. "L'an dernier, ça a été très dur pour moi, j'avais beaucoup d'amis ici", pointe celui qui va participer à la course à laquelle il n'avait pas pris part en 2013.

Heather Abbott, amputée au-dessous du genou après avoir été grièvement blessée l'an dernier, sera présente près de la ligne d'arrivée, pour applaudir Peter Riddle et Erin Chatham, qui s'étaient portés à son secours. "Elle court pour la première fois le marathon, et Peter aussi", dit à l'AFP Heather Abbott, très émue.

"Source d'inspiration"

Le nombre de participants cette année - 35'660 - atteint presque le record de 38'708 enregistré pour le centenaire en 1996 du plus vieux marathon au monde. Parmi eux, 5'330 coureurs de plus de 70 pays.

L'an dernier, la victoire de l'Ethiopien Lelisa Desisa était passée quasi inapercue. Il est de retour à Boston, pour ce qui est l'un des six plus importants marathons au monde, appartenant au prestigieux circuit World Marathon Majors. L'Ethiopien de 24 ans a rencontré plusieurs des victimes des attentats, leur a dit qu'elles étaient pour lui "une source d'inspiration".

Plusieurs anciens vainqueurs seront également là, dont l'Américain Joan Benoit Samuelson (gagnant en 1979 et 1983) et Amby Burfoot (1968), qui l'an dernier n'avait pas pu finir la course en raison des attentats.

Précédent mardi

Mardi, un an jour pour jour après le drame, une cérémonie d'hommage avait été organisée en présence du vice-président Joe Biden. En fin de journée, plusieurs centaines de personnes avaient cependant dû être évacuées du centre ville et un homme de 25 ans interpellé en raison de deux sacs à dos suspects que la police avait fait exploser "par précaution".

Plus de 1800 journalistes couvriront cette année le marathon, selon les organisateurs.

Des deux auteurs des attentats, un seul est encore en vie. Tamerlan Tsarnaev, l'aîné, âgé de 26 ans, avait été tué le 19 avril après une course-poursuite avec la police. Djokhar, 19 ans à l'époque, a été arrêté, grièvement blessé, quelques heures plus tard. Inculpé notamment d'attentat, il doit être jugé le 3 novembre et encourt la peine de mort.