Londres: un couple de femmes tabassé dans un bus

Tabassées dans un bus de Londres parce qu'elles refusaient de s'embrasser devant une bande de garçons. Deux jeunes femmes ont balancé leurs agresseurs sur les réseaux sociaux. L'affaire a pris une ampleur politique.
07 juin 2019, 19:24
La jeune femme a posté cette photo après l'agression sur sa page Facebook.

Un couple de femmes a été violemment agressé dans un bus londonien par un groupe d'hommes qui les avait harcelées pour qu'elles s'embrassent. Cette attaque a été dénoncée sur les réseaux sociaux et condamnée vendredi par des dirigeants politiques britanniques.

L'une des deux femmes, âgée de 28 ans, a expliqué que sa petite-amie et elle se trouvaient dans un bus de nuit, roulant tôt le matin du 30 mai à Camden, dans le nord-ouest de Londres, lorsqu'un groupe de jeunes hommes les a prises à partie.

Ils ont commencé à se comporter comme des hooligans, exigeant que nous nous embrassions pour qu'ils puissent nous regarder.
Melania Peese, l’une des jeunes femmes tabassées

"Ils étaient au moins quatre. Ils ont commencé à se comporter comme des hooligans, exigeant que nous nous embrassions pour qu'ils puissent nous regarder, nous traitant de lesbiennes et décrivant des positions sexuelles", a-t-elle raconté sur Facebook.

"Pour calmer la situation, j'ai essayé de faire des blagues" et sa petite amie a fait semblant d'être malade, a poursuivi la jeune femme, "mais ils ont continué à nous harceler et nous ont jeté des pièces de monnaie". Ensuite la petite amie "s'est retrouvée au milieu du bus et ils l'ont frappée", a-t-elle raconté, expliquant avoir également été agressée.

 

 

Arrestations et enquête

Sur une photo prise et postée sur Facebook, on voit la jeune femme saigner du nez, la chemise couverte de sang, tandis qu'à ses côtés son amie a le visage éclaboussé de sang et semble bouleversée. La police londonienne, qui avait lancé un appel à témoins après cette agression, a annoncé vendredi que des arrestations avaient eu lieu, et que l'"enquête continuait", sans plus de précisions.

Scotland Yard avait indiqué plus tôt rechercher plusieurs hommes, soupçonnés d'avoir agressé les deux femmes d'une vingtaine d'années et de leur avoir "volé un téléphone portable et un sac".

 

 

"C'est révoltant. Tout le monde a le droit d'aimer", a commenté sur Twitter le ministre de la Santé, Matt Hancock. Jeremy Corbyn, le chef du Labour, principal parti d'opposition britannique, a qualifié les faits d'"absolument choquants" et le maire de Londres, le travailliste Sadiq Khan, a également condamné une "attaque répugnante et misogyne".