Les pires formes du travail des enfants ne seront pas éradiquées dans le délai attendu

Le délai de l'éradication des pires formes du travail des enfants, prévu d'ici 2016, ne pourra pas être tenu, selon l'Organisation internationale du travail.
08 oct. 2013, 20:30
Les pires formes du travail des enfants (comme la prostitution ou la manipulation de matières dangereuses) ne seront pas éradiquées dans les temps prévus.

«Il y a dix ans, nous nous étions fixé pour objectif d'éliminer les pires formes du travail infantile d'ici 2016. Avec le rythme actuel des progrès, nous n'atteindrons pas cet objectif», a constaté Guy Ryder, directeur général de l'OIT.

«Il s'agit d'un échec politique collectif. Il faut faire des progrès», a exhorté M. Ryder au premier jour de la IIIe Conférence mondiale sur le travail des enfants.

Parmi les pires formes du travail infantile figurent selon l'OIT l'exploitation sexuelle, les situations assimilées à l'esclavage, les activités de trafic de personnes ou de drogues et la manipulation de matières dangereuses.

Moins d'enfants au travail

Selon le dernier rapport de l'OIT, le nombre d'enfants qui travaillent dans le monde à diminué d'un tiers depuis 2000, passant de 246 millions à 168 millions, soit plus de 10% des enfants dans  le monde.

Parmi ces derniers, l'OIT estime à 85 millions les enfants engagés dans des activités dangereuses qui mettent en péril leur santé, leur sécurité et leur développement moral.

Selon la présidente brésilienne Dilma Rousseff, son pays est parvenu depuis 2000 à réduire officiellement de 67% le nombre des enfants de 5 à 14 ans qui travaillent.

Les progrès enregistrés illustrent l'implication de nombreux Etats, mais «nous devons accélérer le rythme» de la baisse du nombre d'enfants qui travaillent, a déclaré à l'AFP Paula Montagner, porte-parole de la Conférence. Celle-ci prône «un échange d'expériences entre les gouvernements afin de remporter une victoire sur ce mal».

Secteur agricole

De son côté, M. Ryder a appelé les gouvernants de la planète à se fixer de nouveaux objectifs et les Etats non signataires de la convention 182 de l'OIT (sur le travail des enfants) à y adhérer au plus vite.

Selon l'organisation, le travail des enfants a reculé de 40% chez les filles contre 25% chez les garçons. Parmi les secteurs d'activité, c'est l'agriculture qui exploite le plus les enfants (98 millions, soit 59%), suivie par les services (54 millions) et l'industrie (12 millions).