Les mariages d'amour interdits dans un village indien

Le village d'Asara, dans le nord de l'Inde, a interdit les mariages d'amour, lesquels représentent "une honte sur la société".

13 juil. 2012, 19:14
A newly married couple share a light moment during a mass wedding ceremony in Kolkata, India, Sunday, July 1, 2012. The wedding was organized by social organizations primarily to help the families who cannot afford the high ceremony costs as well as the customary dowry and expensive gifts which are still prevalent in many communities. A total of 126 couples tied the knot during the ceremony. (AP Photo/Bikas Das)

Un conseil de village dans le nord de l'Inde a interdit les mariages d'amour, a rapporté la presse vendredi. Il a également décidé que les femmes de moins de 40 ans n'avaient pas le droit de faire les courses seules ni d'utiliser leurs téléphones portables hors de chez elles.

La police a été chargée d'enquêter sur ces mesures radicales prises dans le village d'Asara, à majorité musulman. Le ministre indien de l'Intérieur a condamné vendredi ces dispositions, qui n'ont, a-t-il dit, pas "de place" dans une société démocratique.

"La police doit agir contre quiconque énonce de tels 'diktats'. Si quelqu'un prend des mesures contre un jeune homme ou une jeune femme sur la base de tribunaux de village illégaux, il doit être arrêté", a-t-il menacé.

Des représentants du conseil de village, interrogés par le quotidien "Mail Today", ont justifié leurs règles par la volonté de protéger les femmes d'"éléments mauvais" dans la société.

Les mariages d'amour, "une honte"

Selon l'un d'eux, "les mariages d'amour", à l'inverse des mariages arrangés, "écornent la respectabilité" des familles et sont "une honte sur la société".

Les conseils de village, appelés "panchayats" en hindi, sont généralement formés d'un groupe non élu de vieux sages qui se posent comme garants de la morale et arbitres en cas de conflits au sein de la communauté. Leurs jugements, même sans poids juridique, influencent fortement la vie des habitants.

Les "panchayats" ont déjà été accusés d'abus, concernant notamment l'interdiction des mariages intercastes qui entraînent parfois, avec leur accord tacite, des "crimes d'honneur" perpétrés par des proches de jeunes gens voulant se marier avec un membre d'une caste inférieure.