Les avions d'Air France toujours plus rares, la direction fait un pas

Air France ne parvient pas a rassurer ses pilotes. Ces derniers ont poursuivit leur grève mardi, avec quelque 60% des avions cloués au sol. Genève et Zurich étaient également affectés. La direction du groupe a annoncé faire un pas.

16 sept. 2014, 15:00
Les avions d'Air France devraient être encore plus rares dans le ciel mardi, au deuxième jour d'une grève qui s'annonce longue. La compagnie aérienne ne parvient visiblement pas à rassurer ses pilotes sur le projet de développement de sa filiale à bas coût, Transavia.

Les avions d'Air France se font encore plus rares dans le ciel mardi, au deuxième jour d'une grève qui s'annonce longue. Le principal syndicat a rejeté une proposition de la compagnie aérienne visant rassurer ses pilotes sur le projet de développement de sa filiale à bas coût, Transavia.

Après avoir assuré moins de 50% des vols lundi, le groupe a annoncé que 60% de ses avions sont restés sur le tarmac mardi. Il prévoit le même scénario pour mercredi.

Il n'y a "pas encore" de sortie de crise en vue mais "on continue à négocier. On a fait des propositions", a expliqué mardi matin sur Europe 1 Frédéric Gagey, président-directeur général de la compagnie. "On a senti l'inquiétude des pilotes qui imaginaient que Transavia France pouvait soudain remplacer Air France sur la France."

Développement de Transavia freiné

Pour rassurer les pilotes, M. Gagey a proposé d'augmenter la flotte de Transavia France à 30 avions, au lieu des 37 prévus, précisant que cette limitation serait valide jusqu'en 2019. Une proposition qui va "dans la mauvaise direction", a estimé Jean-Louis Barber, président du syndicat SNPL AF Alpa.

"Plus on limitera le développement de Transavia France, plus on accélèrera celui de Transavia Europe avec ses contrats sociaux moins-disants", cette proposition est "un trompe-l'oeil", argue M. Barber.

Le projet "n'est sûrement pas de remplacer Air France par Transavia". Il est "de compléter l'ensemble des outils d'Air France pour attaquer un nouveau marché, qui est le marché loisirs, en développant Transavia", a insisté M. Gagey en affirmant avoir "écouté les pilotes".

La direction poursuivra mercredi matin les discussions, cette fois avec les deux syndicats représentatifs, lors d'une nouvelle séance plénière.

Suisse touchée

Le trafic vers et à partir de la Suisse est aussi touché. Mardi, seuls trois vols sur neuf opéreront régulièrement entre Genève et Paris. Deux liaisons sur cinq voleront normalement entre Zurich et la capitale française. Ciel sans nuages à Bâle-Mulhouse, aéroport depuis lequel les neuf vols prévus sont maintenus.

Mercredi, tous les vols Zurich-Paris seront annulés, ajoute Air France Suisse. Trois liaisons sur neuf seront effectuées normalement entre Genève et la "Ville lumière". Les neuf vols au départ de Bâle-Mulhouse sont à nouveau maintenus.

Swiss pourrait proposer plus de places

Pour combler le manque de liaisons vers la France, la compagnie Swiss pourrait "éventuellement" mettre à disposition un appareil plus grand sur deux vols Zurich-Paris mardi soir. "Nous verrons sur le moment si nos capacités nous le permettent, mais nous pourrions affréter un Airbus A321 à la place de l'Airbus A320 prévu, afin de gagner 40 places", indique Mehdi Guenin, porte-parole.

Et les soucis d'Air France font le bonheur du rail: la SNCF a noté une hausse des ventes de billets de 3% depuis le début de la grève, et augmenté ses capacités.

Face à la grève, Air France a recommandé aux clients ayant un vol d'ici au 22 septembre, dernier jour de l'appel à la grève reconductible lancé par le syndicat majoritaire SNPL AF Alpa, de "reporter leur voyage ou changer leur billet sans frais".

Salaires jusqu'à 250'000 euros

Alors qu'un plan de départs volontaires a été ouvert en août pour 200 des 3760 pilotes d'Air France, le groupe entend augmenter la flotte de Transavia en France de 14 à 37 avions en cinq ans et ouvrir de nouvelles bases en Europe dès 2015, avec des pilotes sous contrat local.

Il rejette la principale revendication des syndicats d'un contrat unique pour les pilotes aux conditions actuelles d'Air France pour les avions de plus de 100/110 places, quelle que soit la compagnie du groupe (Air France, Transavia, Hop!).

Un pilote d'Air France gagne entre 75'000 et 250'000 euros brut annuel selon son grade (copilote ou commandant de bord), ancienneté et affectation (moyen-courrier ou long-courrier). Chez Transavia, le salaire varie entre 87'000 et 180'000 euros.