Leonarda supplie "la France" d'accepter son retour avec sa famille

L'adolescente française Leonarda supplie "la France" d'accepter son retour en France accompagnée de sa famille.
21 oct. 2013, 18:13
“Je n'irai pas seule en France, je n'abandonnerai pas ma famille”, a déclaré la jeune fille.

Leonarda Dibrani, l'adolescente rom dont l'expulsion au Kosovo début octobre a provoqué une vive émotion en France, a supplié lundi "la France" d'accepter son retour ensemble avec sa famille. Samedi, le président français François Hollande avait offert à Leonarda de pouvoir poursuivre seule sa scolarité en France, mais l'adolescente a rejeté une telle hypothèse.

"La France doit nous accepter de nouveau. Je la supplie de nous permettre d'y revenir le plus vite possible parce que ce n'est pas notre maison ici" au Kosovo, a dit Leonarda, 15 ans.

L'adolescente, tout comme sa mère et ses cinq frères et soeurs, n'est pas née au Kosovo, ancienne province serbe qui a proclamé son indépendance en 2008. Seul le père de famille, Resat, 47 ans est originaire du Kosovo.

"Je n'abandonnerai pas ma famille"

"Je n'irai pas seule en France, je n'abandonnerai pas ma famille. Je ne suis pas la seule à devoir aller à l'école, il y a aussi mes frères et mes soeurs", avait déclaré Leonarda qui est née en Italie, tout comme sa mère et quatre de ses frères et soeurs. La dernière de la famille Dibrani, Medina, est née en France.

Pour sa part, son père Resat a affirmé que le chef de l'État français était "un grand homme politique qui a commis une erreur en refusant de nous permettre de revenir" en France.

"Mais lui aussi est père. Il est notre président aussi et il sera un homme politique encore plus grand s'il reconnaît l'erreur et accepte notre retour", a-t-il poursuivi.

M. Dibrani a admis avoir menti sur les origines kosovares de sa famille tout comme d'avoir présenté un faux certificat de mariage lorsqu'il a déposé les demandes d'asile en France. Il avait assuré avoir espéré qu'ainsi ils auraient plus de chances de l'obtenir.

Hollande critiqué de toutes parts

Depuis Copenhague, le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a demandé lundi de "revenir à l'essentiel" après l'affaire Leonarda, réclamant de mettre "fin à toutes les exploitations politiques et politiciennes".

L'intervention du président Hollande samedi, au sujet de l'expulsion de Leonarda, est l'objet de critiques de toutes parts, en particulier au sein même du camp socialiste.