Le procès de Navalny reprend en Russie

L'opposant au régime Poutinien Alexei Navalny sera de nouveau devant les tribunaux de Kirov, à l'est de Moscou. Il est accusé de détournement de fonds.

24 avr. 2013, 07:23
Russian opposition leader Alexey Navalny, second right, stands while listening to a judge in a courtroom during a trial in Kirov, Russia, Wednesday, April 17, 2013.  The trial of Navalny accused of embezzling half a million dollars' worth of timber from a state-run company was adjourned shortly after its start Wednesday in the northwestern city. (AP Photo/Mitya Aleshkovskiy)

Le procès d'Alexeï Navalny reprend mercredi à Kirov, à 900 km de Moscou. L'opposant No1 de Vladimir Poutine est accusé de "détournement de fonds", une affaire fabriquée de toutes pièces selon lui. Cet avocat de 36 ans risque une peine de dix ans de camp.

Une première audience avait été ajournée la semaine dernière. Il est reproché à Alexeï Navalny d'avoir organisé en 2009 le détournement de 400'000 euros (environ 490'000 francs) au détriment d'une exploitation forestière, Kirovles. La reprise du procès devrait voir affluer de nombreux journalistes et partisans.
 
La mairie de la ville a autorisé l'organisation de deux rassemblements près du tribunal, l'un contre et l'autre en faveur de l'opposant.
 
"Cette affaire a été fabriquée de toutes pièces sur ordre de Poutine", affirme M. Navalny. Il a déclaré "n'avoir aucun doute" sur le fait que le président russe "a donné des instructions" pour qu'il soit reconnu coupable.
 
Orateur efficace lors des manifestations anti-Poutine, Alexeï Navalny pourfend la corruption via des révélations retentissantes publiées sur Internet. Il est devenu l'un des meneurs de la contestation née en 2011 pour dénoncer les fraudes lors des législatives remportées par le parti de M. Poutine, Russie Unie.
 
La perspective d'une condamnation n'a en rien entamé son caractère offensif. Il a affirmé que le régime russe allait s'écrouler dans "pas plus de deux ans", annoncé son ambition de devenir président et promis de mettre alors en prison M. Poutine et ses amis.
 
D'autres affaires
 
En attendant, M. Navalny va devoir affronter la justice dans de multiples affaires, ses démêlés judiciaires ne s'arrêtant pas à l'affaire Kirovles. Il fait aussi l'objet, avec son frère Oleg, d'une enquête pour escroquerie.
 
Tous deux sont accusés d'avoir causé un préjudice de quelque 95'000 euros (116'000 francs) à une entreprise à laquelle ils auraient facturé "à des prix surévalués" leurs services d'intermédiaire pour le transport de marchandises. Là aussi, la peine maximale prévue est de dix ans de camp.
 
Fausses informations
 
"Toutes ces affaires sont cousues de fil blanc", a aussitôt commenté M. Navalny. L'opposant est par ailleurs accusé d'avoir détourné 2,5 millions d'euros appartenant à un parti politique libéral. Il a été aussi inculpé d'escroquerie et blanchiment d'argent dans une autre affaire impliquant là aussi son frère.
 
En février, il a été accusé d'avoir usurpé son statut d'avocat en fournissant de fausses informations. Les autorités cherchent à "intimider" M. Navalny pour le faire taire" et à "créer un climat de peur pour réduire au silence" les opposants, estime l'analyste politique Dmitri Orechkine.