Le président chinois a reçu l'opposante birmane Aung San Suu Kyi

L'opposante birmane et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi a été reçue jeudi par le président chinois, au 2e jour de sa visite en Chine. L'audience accordée par M. Xi Jinping est un signal fort adressé aux élites issues du régime militaire en Birmanie.

11 juin 2015, 16:09
L'opposante birmane et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi a été reçue jeudi par le président chinois, au 2e jour de sa visite en Chine.

Arrivée mercredi à Pékin, l'opposante birmane Aung San Suu Kyi effectue jusqu'à dimanche sa première visite en Chine. Cette invitation au plus haut niveau marque un tournant majeur dans les relations entre la Chine et la Birmanie.

"Nous espérons qu'avec cette visite, vous pourrez comprendre en profondeur la Chine et le Parti communiste chinois", lui a déclaré le président Xi. "J'espère que vous et votre (parti) Ligue nationale pour la démocratie allez continuer de jouer un rôle constructif et à guider activement le peuple birman", a ajouté le dirigeant chinois.

Cette rencontre avec le chef de la deuxième puissance mondiale équivaut à un adoubement et à une nouvelle consécration internationale pour la dirigeante de l'opposition birmane, selon les analystes. La Chine populaire a apporté en effet un soutien quasi constant à la junte militaire sous laquelle l'opposante birmane a passé quelque 20 ans en prison ou en résidence surveillée.

Invitation d'opposants rarissimes

Mais le parti d'Aun San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), est donné désormais comme le grand favori des élections législatives prévues à la fin de l'année. Les élites issues du régime militaire en Birmanie s'opposent à la modification d'une clause de la Constitution empêchant Aun San Suu Kyi, en raison de son mariage avec un étranger, de se présenter à l'élection présidentielle.

Un projet de réforme de la Constitution birmane a été publié ce jeudi. S'il prévoit de réduire symboliquement le poids de l'armée au Parlement, les modifications continuent toutefois de barrer la voie de la présidence à l'opposante birmane.

Les invitations d'opposants, et tout particulièrement à ce niveau, sont rarissimes en Chine. En effet, Pékin craint traditionnellement d'écorner par là un dogme de sa diplomatie, la "non-ingérence dans les affaires intérieures" d'autres pays.

Cessez-le-feu le même jour

Jeudi, des rebelles d'une ethnie chinoise en conflit avec le pouvoir central en Birmanie, ont annoncé un cessez-le-feu. Le porte-parole des rebelles a cependant précisé qu'ils tiendraient leurs positions et riposteraient en cas d'attaque de l'armée.