Le PKK bombardé par la Turquie et indésirable en Irak

La Turquie a affirmé, ce samedi avoir infligé de lourdes pertes au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en attaquant les bases du nord de l'Irak. Le Kurdistan irakien a demandé aux membres du PKK de quitter la zone pour épargner les civils.

01 août 2015, 22:09
Les rebelles du PKK ont dénoncé les attaques de l'armée turque sur leurs positions (archives).

Depuis les premières frappes des F-16 turcs le 24 juillet, 260 combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont été tués et près de 400 blessés, a affirmé l'agence gouvernementale de presse Anatolie.

Pour les seules journées de jeudi et de vendredi, une centaine d'appareils ont touché plus de 150 cibles, a rapporté Anatolie. De nouveaux raids ont été signalés samedi, le pouvoir ayant promis de les poursuivre "aussi longtemps qu'il le faudra".

D'après Ankara, ne sont visés que les bases logistiques de la guérilla, ses stocks d'armes et de munitions ainsi que les grottes servant d'abri aux rebelles pendant ces raids au-dessus des montagnes du nord de l'Irak, où le PKK trouve refuge depuis des années.

Départ du PKK réclamé

Ces raids ont contribué à tendre les relations entre le PKK et les autorités kurdes d'Irak, qui gèrent la région autonome du Kurdistan. Dans un communiqué, la présidence de cette région a réclamé le départ du PKK de la zone sous son contrôle pour éviter des pertes civiles au moment des raids turcs, au moins six morts ayant été signalés samedi par les autorités locales.

"Le PKK doit éloigner son champ de bataille de la région du Kurdistan irakien pour que les civils ne deviennent pas des victimes de cette guerre", a affirmé dans un communiqué le président de la région Massoud Barzani. Il a cependant pressé le PKK et le gouvernement turc de renouer le processus de paix, alors que la trêve qui tenait depuis 2013 vient de voler en éclats.

Village bombardé

Massoud Barzani a aussi condamné samedi le bombardement d'un village par l'armée turque qui a, selon lui, tué plusieurs civils vendredi. "Nous condamnons ce bombardement qui a entraîné le martyre de gens de la région du Kurdistan et nous exhortons la Turquie à ne plus bombarder de civils à nouveau", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Selon un haut responsable turc joint par Reuters, Ankara collabore avec les autorités du Kurdistan irakien afin de savoir si des civils ont été tués dans ce bombardement.

"On sait qu'il n'y a pas de civils dans le camp terroriste de Zargala mais que des membres influents du PKK étaient présents lors des frappes aériennes", a déclaré le ministère. "Dans le même temps, c'est un fait que l'organisation terroriste utilise malheureusement des civils comme boucliers humains", a ajouté le ministère turc.

Suruç

L'attentat suicide du 20 juillet à Suruç (sud de la Turquie), qui a provoqué la mort de 32 jeunes militants kurdes, a déclenché un nouveau cycle de violences, le PKK reprochant aux autorités turques ne pas avoir protégé la population locale.

Depuis, les attaques quotidiennes de la guérilla ont fait une quinzaine de morts dans les rangs des forces de l'ordre turques. Samedi encore, un soldat a été tué par l'explosion d'une mine dans la région de Kars.