Le Parlement britannique a donné son feu vert à des frappes en Irak

Les Parlement britannique a autorisé le recours aux frappes aériennes en Irak contre l'Etat islamique.
07 août 2015, 14:16
The Union flag flies above Parliament in London, Friday, Sept. 26, 2014. Britain's Parliament is to debate and vote on the UK response to Iraqi's government's request for support against the Islamic State group. A result to the vote is expected late Friday. (AP Photo/Kirsty Wigglesworth)

Les Etats-Unis mènent depuis plus d'un mois des frappes en Irak, contre le groupe extrémiste sunnite. 

Une très large majorité des députés a voté en faveur de la motion déposée par le premier ministre David Cameron qui a appelé à "détruire (...) un réseau de la mort".

Avec ce feu vert, l'entrée en action des six chasseurs-bombardiers Tornado basés à Chypre pourraient intervenir très rapidement, a laissé entendre le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond.

En Syrie, sur l'autre théâtre d'opération de la coalition menée par Washington, des raids ont été menés pour le troisième jour consécutif, pour s'attaquer aux installations pétrolières aux mains des jihadistes.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG basée à Londres, les Etats-Unis et leurs alliés arabes ont lancé jeudi soir et vendredi matin de nouvelles frappes contre les installations pétrolières prises par l'EI dans la province de Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie.

Pétrole vendu en contrebande

Des raids ont en outre visé vendredi un centre de commandement de l'EI près d'al-Mayadine dans la même province, ainsi que des installations pétrolières et une base des jihadistes dans la province de Hassaka (nord-est), a précisé l'OSDH.

Des militants ont indiqué que le pompage dans six champs pétroliers contrôlés par l'EI dans la province de Deir Ezzor avait été arrêté par peur des frappes.

Les avions de combats américains, saoudiens et émiratis avaient frappé mercredi, pour la première fois, des raffineries de l'EI en Syrie, avec l'objectif d'assécher l'une de ses principales sources de revenus.

Les jihadistes, qui contrôlent plusieurs raffineries en Irak et en Syrie, pays ravagé par une guerre civile depuis trois ans et demi, revendent le pétrole en contrebande à des intermédiaires des pays voisins. Depuis leur début mardi, les frappes en Syrie auraient tué 141 jihadistes, parmi lesquels 129 étrangers dont 84 affiliés à l'EI, selon l'OSDH.

Hommages au Français décapité

Les décapitations par l'EI des deux journalistes américains James Foley et Steven Sotloff, et du travailleur humanitaire britannique David Haines, tous enlevés en Syrie, ont révulsé le monde et poussé le président américain Barack Obama à annoncer le 10 septembre une stratégie pour "détruire" l'EI dans le cadre d'une vaste coalition regroupant une cinquantaine de pays.

La mise en scène de l'exécution des trois otages occidentaux a été répétée en Algérie par un groupe jihadiste lié à l'EI, Jund al-Khilafa, qui a diffusé mercredi une vidéo de la décapitation de l'otage français Hervé Gourdel, enlevé dimanche.

Les hommages se sont multipliés vendredi en mémoire de Gourdel, avec notamment un rassemblement de plusieurs centaines de personnes devant la Grande mosquée de Paris en présence aussi de représentants des autres cultes et de personnalités politiques de gauche comme de droite.

"Nous, musulmans de France, disons halte à la barbarie", a déclaré le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Dalil Boubakeur.

La Turquie se prépare

Les Etats-Unis sont aidés par cinq alliés arabes - Jordanie, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn - dans les frappes en Syrie, alors que jusqu'à présent seuls les Etats-Unis et la France ont mené des frappes en Irak voisin.

Des dizaines d'autres pays participent d'une manière ou d'une autre à la coalition, le dernier l'ayant rejointe étant le Danemark qui a annoncé le déploiement de sept avions de combat F-16 en Irak.

Le président turc Erdogan a pour sa part assuré que la position de son pays sur la lutte contre l'EI avait "changé" après la libération d'otages turcs aux mains du groupe.

"Comme vous le savez, un projet de mandat va être déposé au Parlement et y sera discuté le 2 octobre. Dès qu'il sera voté, les mesures nécessaires seront prises. Ce mandat autorise l'intervention des forces armées".