Le pape renonce à rencontrer les évêques du Sri Lanka

Le souverain pontife est arrivé mardi au Sri Lanka pour une visite de deux jours. Retardé par une foule très nombreuse et chaleureuse massée sur la route, le pape renonce à rencontrer personnellement les évêques du Sri Lanka.

13 janv. 2015, 11:27
epa04557881 Pope Francis (R) is accompanied by Sri Lankan President Maithripala Sirisena (L) after arriving at the Katunayake International Airport in Colombo, Sri Lanka, 13 January 2015. Pope Francis will visit Sri Lanka and the Philippines from 12 to 19 of January 2015.  EPA/M.A.PUSHPA KUMARA

Le pape François a pris du retard dans son programme et a renoncé mardi à rencontrer les évêques du Sri Lanka, a indiqué son porte-parole, le père Federico Lombardi. C'est son secrétaire d'Etat, le cardinal Pietro Parolin, qui le représentera durant cette rencontre.

Le trajet d'une trentaine de kilomètres entre l'aéroport et le centre de Colombo a été ralenti par la foule très nombreuse et chaleureuse massée sur la route, et le pape est arrivé en retard à la nonciature (ambassade du Vatican).

Selon une source sri-lankaise impliquée dans l'organisation de sa sécurité, le pape François avait l'air "épuisé" après ce trajet.

A 78 ans, le pape, en dépit d'une énergie débordante, accuse parfois la fatigue. Au Vatican, il a plusieurs fois renoncé au dernier moment à une rencontre inscrite à son agenda.

Visite de deux jours

Le pape François est arrivé mardi au Sri Lanka pour une visite de deux jours. Le souverain pontife a exhorté au "respect des droits de l'homme" et à "la recherche de vérité" dans le pays, qui a été déchiré pendant des décennies par la guerre civile.

"Le processus de guérison demande d'inclure la recherche de vérité", a-t-il dit de l'aéroport de Colombo dans un pays qui peine encore à cicatriser les plaies d'un conflit ayant opposé l'armée à la rébellion séparatiste tamoule défaite en 2009.

"Tous les membres de la société doivent travailler ensemble, tous doivent avoir une voix. Tous doivent être libres d'exprimer leurs préoccupations, leurs besoins, leurs aspirations et leurs peurs", a poursuivi le pape.

François a souligné que la reconstruction du pays passait par le respect des droits de l'homme, sujet extrêmement sensible au Sri Lanka, ses dirigeants ayant refusé de coopérer à l'enquête de l'ONU sur les allégations de crimes de guerre commis contre les civils à la fin du conflit.

Dignité et intégration

"La grande oeuvre de réconciliation doit inclure l'amélioration des infrastructures et pourvoir aux besoins matériels mais aussi, et c'est encore plus important, elle doit promouvoir la dignité humaine, le respect des droits de l'homme et la pleine intégration de tous les membres de la société", a-t-il déclaré.

Le pape a été accueilli à l'aéroport de Colombo par le nouveau président Maithripala Sirisena. Ce dernier, qui vient d'entrer en fonctions, a promis une enquête indépendante sur ces accusations de crimes de guerre qui auraient été perpétrés sous la présidence de son prédécesseur, Mahinda Rajapakse.

Lors de ce septième voyage hors d'Italie depuis son élection en mars 2013, Jorge Bergoglio doit rencontrer une petite Eglise minoritaire et prêcher la réconciliation nationale.

Il se rendra jeudi aux Philippines, catholiques à 85%, où cinq jours de congé ont été décrétés pour l'occasion à Manille et où l'on attend des foules immenses sur son passage.