Le pape en Amérique: "Dieu pleure" pour les victimes de pédophilie

Le pape François a déclaré que "Dieu pleure" pour les enfants ayant subi des abus sexuels. Le souverain pontife, sur les terres américaines, a rencontré des victimes de pédophilie, puis des prisonniers.

27 sept. 2015, 21:38
Le pape François bénit des prisonniers.

Le Saint Père devait achever son séjour aux Etats-Unis par une messe géante, point d'orgue de six jours d'un voyage ayant inclus Washington et New York, durant lequel il a abordé les sujets qui fâchent: de la répartition des richesses à l'immigration en passant par l'écologie.

Dimanche à l'aube, François a rencontré trois femmes et deux hommes victimes d'abus sexuels perpétrés par des prêtres, par des éducateurs ou encore par des membres de leur famille. "Les crimes et les péchés d'abus sexuels sur des enfants ne doivent plus rester secrets", promettant que les responsables "répondront de leurs actes".

Au Vatican, il avait déjà pris des mesures fortes en juin, limogeant deux évêques américains qui avaient fermé les yeux sur ces forfaits et en créant une instance judiciaire chargée de juger les évêques ayant couvert des crimes pédophiles. Le pape avait déjà évoqué le scandale à plusieurs reprises durant son voyage, mais de manière jugée trop discrète par certains. Son prédécesseur Benoît XVI avait quant à lui rencontré des victimes à Boston en 2008.

Système carcéral critiqué

Jorge Bergoglio s'est ensuite rendu dans une prison, la maison d'arrêt de Curran-Fromhold, pour y rencontrer une centaine de détenus. Il y a mis l'accent sur la guérison morale et la réhabilitation: "Cela fait mal de voir les systèmes carcéraux qui ne se préoccupent pas de soigner les blessures, de soulager la peine, d'offrir de nouvelles possibilités".

Dans un pays au système carcéral critiqué pour ses abus, le pape avait appelé jeudi les élus américains du Congrès à abolir la peine capitale. Il avait également déjà estimé dans le passé que la prison à perpétuité était comme une peine de mort déguisée.

François devait encore présider dimanche après-midi sur l'artère centrale de Philadelphie sa dernière messe géante en présence d'un million et demi de personnes. Des groupes de fidèles ont afflué dès la matinée vers l'avenue Benjamin Franklin où devait avoir lieu la messe, dans une ville toujours quadrillée par les forces de l'ordre.

Foules compactes

Tout au long du voyage papal, les foules ont été quotidiennement aux rendez-vous le long des avenues américaines, curieuses et séduites par ce Saint Père qui, aux pays des grosses voitures, a voyagé dans sa petite Fiat 500 ou une papamobile ouverte et s'arrêtait pour rencontrer, embrasser, écouter et plaisanter avec les gens.

D'un foyer de sans-logis à une école pour enfants d'immigrés, François a privilégié les rencontres directes avec les défavorisés, moments où il semblait être le plus à l'aise.

L'accent a tout de suite été mis sur un sujet qui divise les Américains dans la campagne électorale actuelle: l'immigration. Le pape qui s'est défini comme "le fils d'une famille d'immigrés" (italiens en Argentine), s'est référé à Abraham Lincoln et Martin Luther King pour appeler les Américains à s'inspirer de leurs modèles et à retrouver les valeurs fondatrices de la nation américaine: courage, brassage des cultures, liberté religieuse.

A Ground Zero

Dans un discours historique devant le Congrès, une première pour un pape, il a demandé aux élus américains d'assumer leurs responsabilités pour assurer un système économique plus équitable et corriger le réchauffement climatique. Il a également plaidé devant l'ONU pour les exclus et la protection de la Terre.

Un autre moment fort a été sa venue sur le lieu des attentats du 11-Septembre à Manhattan. Il y a condamné la violence au nom de la religion.