Le journal Le Monde ciblé par une attaque de pirates informatiques pro-Assad

Le journal Le Monde a révélé mardi avoir été la cible d'une attaque informatique menée par des partisans du régime syrien. Les pirates ont cherché, en vain, à infiltrer le site du journal et son compte Twitter.

20 janv. 2015, 17:21
Pour "Le Monde", ses journalistes ont été espionnés afin de discréditer leur travail d'enquête sur Sarkozy.

Le journal Le Monde a annoncé mardi avoir été victime dimanche et lundi d'une attaque informatique de partisans du régime syrien, l'Armée électronique syrienne (SEA). Ceux-ci ont cherché en vain à pirater son site et son compte Twitter.

"Des pirates ont tenté de prendre le contrôle du compte Twitter du Monde.fr. Ils ont réussi à s'infiltrer dans notre outil de publication, avant de lancer une attaque par déni de service", a écrit Le Monde mardi sur son site.

Les pirates ont dans un premier temps cherché à obtenir le mot de passe du compte Twitter du Monde en envoyant des courriels frauduleux à plusieurs journalistes de la rédaction. Ils ont ensuite tenté de publier un message de revendication sur le site du Monde, en vain également.

Messages étranges

Le Monde, qui va porter plainte, explique avoir découvert "plusieurs messages étranges (...) sous la forme de brouillons" dans son outil de publication, intitulés, en anglais, "Message de l'Armée électronique syrienne" ou "Hacké par l'Armée électronique syrienne".

"Les mécanismes de sécurité pour empêcher des publications par des personnes ne travaillant pas au Monde ont fonctionné", explique le journal. Il précise que les pirates ont lancé, "presque par dépit", une attaque par déni de service contre son site, qui consiste à submerger des sites de demandes pour en bloquer le fonctionnement.

L'Armée électronique syrienne n'en est pas à son premier coup d'éclat. En avril 2013, ces partisans du régime syrien avaient notamment piraté le compte Twitter de l'agence de presse Associated Press @AP, affichant le faux message: "Breaking: deux explosions à la Maison-Blanche et Barack Obama est blessé". Cela avait fait plonger Wall Street et forcé Twitter à renforcer ses mesures de sécurité.