Le Concordia se déplace de 7 à 15 mm par heure

L'épave du Concordia, qui s'est échoué vendredi soir sur l'île italienne du Giglio, se déplace de 7 à 15 mm par heure, a annoncé vendredi à l'AFP le service de presse de la Protection civile.

20 janv. 2012, 15:45
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"La poupe se déplace d'environ 7 mm par heure, tandis que la proue se déplace d'environ 15 mm/h", a précisé le service de presse.

L'épave du Concordia est surveillée par de nombreux instruments, avec des relevés satellitaires et des mesures à l'aide d'instruments de géomètre posés sur un rocher face au navire.

"Nous avons actuellement sept différents types d'équipement qui surveillent le navire, y compris des lasers, des radars, un scanner et plus de 20 détecteurs", a précisé à l'AFP Nicola Casagli, professeur des sciences de la terre à l'Université de Florence, chargé de contrôler les mouvements du navire pour le compte de la Protection civile.

"Un des instruments les plus modernes est une sorte de radar installé sur une colline face au navire et réalisant 100 images par secondes de l'épave", a-t-il ajouté. Un robot sous-marin des pompiers examine en revanche les fonds marins autour du Concordia.

Rendu plus lourd par l'eau

"Nous avons deux hypothèses sur les raisons de ces mouvements du bateau. La première est qu'il s'agit d'une déformation interne due au fait que l'eau pénétrant progressivement dans le navire le rend de plus en plus lourd", explique le professeur.

"Nous parlons de centimètres et pour un bateau de 300 mètres de long, ce serait une très faible déformation", a précisé M. Casagli.

"La deuxième hypothèse est que la friction entre le navire et les rochers sur lesquels il repose n'est pas suffisante pour l'empêcher de glisser vers le bas", a poursuivi le scientifique.

"Nous ne savons pas de manière concrète comment va se comporter le navire, s'il peut couler ou non avant la fin du week-end. Nous devons voir comment il réagit aux changements météorologiques, de la direction du vent ou de l'état de la mer", a ajouté M. Casagli.

Il a précisé que, d'après les images des caméras sous-marines, "le poupe et la proue sont posées sur deux rochers tandis que la partie centrale est suspendue" dans le vide.

Les opérations autour de l'épave du paquebot de croisière ont été une nouvelle fois suspendues vendredi en raison des mouvements jugés dangereux du navire.

Toutes les autorités concernées multipliaient les réunions vendredi pour décider de la marche à suivre une semaine après le drame qui a fait onze morts et une vingtaine de disparus.