Lampedusa: l'ONU se mobilise contre le trafic d'êtres humains

La tragédie de Lampedusa en Italie doit "réveiller" la communauté internationale estiment des agences de l'ONU. Elles réclament que la communauté internationale se mobilise pour combattre le trafic d'êtres humains.

04 oct. 2013, 12:17
Cette tragédie de Lampedusa doit "réveiller" la communauté internationale, a affirmé le Haut Commissaire aux réfugiés Antonio Guterres, citée par sa porte-parole à Genève. "La coopération doit être plus efficace pour réprimer le trafic d'êtres humains", a-t-il dit.

Des agences de l'ONU ont demandé vendredi que la communauté internationale combatte davantage le trafic d'êtres humains à la suite du naufrage d'un bateau de migrants au large de Lampedusa. Elles ont souhaité une coopération plus efficace pour éviter le recours à des passeurs.

Cette tragédie doit "réveiller" la communauté internationale, a affirmé le Haut Commissaire aux réfugiés Antonio Guterres, citée par sa porte-parole à Genève. "La coopération doit être plus efficace pour réprimer le trafic d'êtres humains", a-t-il dit, en soulignant qu'il est important également que les candidats à l'émigration puissent trouver des voies légales, sans recourir aux contrebandiers.

"Davantage doit être fait pour prévenir cette crise humanitaire", a déclaré le directeur général de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) Willam Lacy Swing, en ajoutant que son agence est "prête à travailler avec l'Union européenne, l'Afrique du Nord et d'autres partenaires pour améliorer la gestion des migrations et combattre le trafic d'êtres humains".

Agir en Libye

Le porte-parole de l'OIM Jumbe Omari Jumbe a précisé que son organisation a des programmes en Libye, d'où provenait le bateau qui a fait naufrage, pour former les agents de l'immigration. "Mais il est trop tôt pour en voir les résultats, cela mettra du temps", a-t-il dit.

Pour la porte-parole du HCR, Melissa Fleming, la Libye devient de plus en plus un centre de transit des migrants. "Ce doit être une priorité de renforcer les programmes de protection en Libye", a-t-elle dit. Il faut accroître la sensibilisation des candidats à l'exil aux dangers liés aux passeurs, dont les embarcations, le plus souvent surchargées, ne répondent pas aux normes de sécurité.

"Il n'y a pas de solution facile pour lutter contre ce phénomène global. Aussi longtemps qu'il y aura des conflits et des persécutions, il y aura un marché", a relevé Melissa Fleming.

Changement bienvenu

Le porte-parole du Haut Commissariat aux droits de l'homme Rupert Colville a salué "l'attitude nouvelle" des autorités italiennes. "Avoir décrété un jour de deuil national et une minute de silence dans les écoles (en Italie) marque un changement bienvenu que nous saluons", a-t-il dit. Le Haut Commissariat souhaite que l'Union européenne fasse davantage pour prévenir le trafic d'êtres humains à travers la Méditerranée.

Selon les statistiques de l'OIM, au moins 20'000 migrants sont morts en 20 ans, depuis 1993, en traversant la Méditerranée. L'année la plus tragique a été 2011, lors de la crise libyenne, avec 1500 victimes au moins et 63'000 arrivées recensées. L'an dernier, quelque 500 personnes ont péri lors de la traversée.

Depuis le début de l'année, 30'000 migrants sont déjà arrivés sur les côtes italiennes, selon le HCR, dont 7500 Syriens, les autres étant surtout des Erythréens et des Somaliens. Le HCR a envoyé vendredi du personnel supplémentaire à Lampedusa pour aider les rescapés dans leurs procédures d'asile.