La TV ouzbèke a confirmé la mort d'Islam Karimov, le président de l'Ouzbékistan depuis 25ans

L'information a été confirmée par la télévision d'Etat ouzbèke: le président Islam Karimov est décédé ce vendredi. Les funérailles auront lieu samedi dans sa ville natale.

02 sept. 2016, 19:38
/ Màj. le 02 sept. 2016 à 20:06
Islam Karimov a dirigé d'une main de fer l'Ouzbékistan pendant près de 30 ans.

Islam Karimov, l'indéboulonnable président de l'Ouzbékistan, est mort. Son décès a finalement été confirmé officiellement vendredi soir par les autorités ouzbèkes. Ses funérailles auront lieu samedi à Samarcande, sa ville natale.

"Chers compatriotes, c'est avec un immense chagrin dans nos coeurs que nous vous annonçons la mort de notre cher président", a déclaré en fin de journée le présentateur de la télévision publique ouzbèke. "Islam Abdouganievitch (Karimov) est décédé vendredi à Tachkent (la capitale ouzbèke) des suites d'une hémorragie cérébrale", a-t-il dit.

Islam Karimov, 78 ans, sera enterré samedi à Samarcande, dans le sud-est de l'Ouzbékistan, selon la télévision publique. Le Premier ministre ouzbèke Chavkat Mirzioïev dirige la commission chargée d'organiser les funérailles, une indication sur le rôle important qu'il pourrait jouer dans l'Ouzbékistan de l'après-Karimov.

La première réaction est venue de Russie. Le président Vladimir Poutine a "déploré une perte immense". Il a salué la mémoire d'un "homme d'Etat de la plus grande autorité et un vrai leader".

Préparatifs à Samarcande

A Tachkent, des sources indiquaient déjà jeudi soir que les employés municipaux de Samarcande avaient été mobilisés inopinément. Les autorités municipales, dans les républiques de l'ex-URSS, prennent de telles mesures avant des événements majeurs comme des visites de dirigeants du pays ou de pays étrangers. Dans le cas présent, cette mobilisation laissait penser à des préparatifs d'obsèques nationales.

Un porte-parole de l'agence de sécurité aérienne d'Ouzbékistan a confirmé à l'agence russe Ria Novosti que l'aéroport de Samarcande serait fermé samedi.

Torture et scrutins truqués

Ancien apparatchik soviétique devenu premier secrétaire du Parti communiste d'Ouzbékistan en 1989, au temps fort de la perestroïka, Islam Karimov a présidé l'ex-république soviétique d'Asie centrale depuis son indépendance en 1991. Il a été réélu l'an dernier pour cinq ans avec... 90,4% des voix. Sa mainmise sur le pouvoir a depuis des années été dénoncée par les défenseurs des droits humains.

M. Karimov était notamment accusé par les Occidentaux d'avoir muselé l'opposition dans son pays et d'avoir placé son "clan" à tous les échelons en plus de 25 ans d'un pouvoir jugé sans partage. La présidence d'Islam Karimov a été ponctuée d'élections truquées et d'arrestations arbitraires, ont fustigé des ONG. L'ONU a aussi critiqué un usage répandu de la torture dans les prisons ouzbèkes.

A l'instar de Noursoultan Nazarbaïev au Kazakhstan ou d'Emomali Rakhmon au Tadjikistan, le dirigeant ouzbek a dirigé par ailleurs un pays qui a gardé des liens privilégiés avec le grand frère russe.