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La Turquie interdit à la presse et aux réseaux sociaux de parler de livraisons d'armes

S'il est un pays proche de nous où la liberté d'expression et la liberté de la presse sont de moins en moins respectées, c'est la Turquie. Le gouvernement a interdit aux médias et aux réseaux sociaux de diffusés des documents prouvant qu'il a livré des armes aux islamistes rebelles syriens.

14 janv. 2015, 17:13
Le gouvernement islamo-conservateur d'Erdogan veut empêcher la presse de diffuser des documents gênants.

Le gouvernement islamo-conservateur turc a interdit mercredi aux médias et aux réseaux sociaux de diffuser une série de documents. Selon ceux qui les ont publiés, ces dossiers prouvent qu'Ankara a bien livré des armes à certains groupes islamistes rebelles syriens.

Gendarme des médias turcs, le Haut-conseil de la radio et de la télévision (RTÜK) a adressé à tous les organes de presse, ainsi qu'à Twitter et Facebook, une décision de justice les menaçant de poursuites en cas de diffusion.

Il y a un an, la gendarmerie avait intercepté à la frontière syrienne des camions escortés par des véhicules de l'agence de renseignement turque (MIT) et chargés d'armes qui auraient été destinées à des groupes rebelles en guerre contre le régime de Damas.

L'affaire avait été prestement étouffée par Ankara, qui a toujours catégoriquement nié avoir soutenu ces mouvements radicaux, notamment le groupe Etat islamique (EI). Le procureur qui a supervisé l'opération a été muté et 19 gendarmes qui y ont participé poursuivis pour "espionnage".

Mesures de plus en plus fréquentes

Mardi, le titulaire d'un compte Twitter baptisé @LazepeM a publié une série de documents affirmant que les camions interceptés appartenaient au MIT et avaient été maquillés des couleurs d'une organisation humanitaire.

Selon le quotidien "Hürriyet" qui cite un responsable turc s'exprimant sous couvert de l'anonymat, l'injonction du gendarme des médias est fondée sur "plusieurs décisions de justice". Elles autorisent la fermeture des sites internet et des comptes Facebook et Twitter qui diffuseraient ces documents. Twitter a dans la foulée bloqué les liens des comptes vers les documents visés.

Les médias turcs sont fréquemment visés par ce type d'interdiction de couverture. En juin dernier, les autorités avaient proscrit la diffusion de toute information concernant l'enlèvement de 46 Turcs par l'EI à Mossoul (Irak). L'an dernier, les réseaux Twitter et YouTube avaient été temporairement bloqués par le gouvernement pour empêcher la propagation d'accusations de corruption visant l'entourage du président Recep Tayyip Erdogan.

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