La filière viande sous la pression de la concurrence européenne

L'annonce de la suppression de 900 emplois dans une société d'abattage en France inquiète les syndicats de l'agroalimentaire qui appellent lundi à une grève.
12 oct. 2013, 18:21
L'indice suisse des prix à la consommation a enregistré une hausse de 0,1% en mai, comparé à avril. Les prix des produits pétroliers ont reculé mais cette baisse a été plus que compensée par le renchérissement des loyers, des denrées alimentaires.

Des syndicats de l'agroalimentaire en France ont appelé à la grève lundi à la suite de l'annonce de la suppression de 900 emplois dans une société d'abattage. La filière viande subit de plein fouet la concurrence d'autres pays européens.

"Après la multiplication des plans sociaux dans le secteur agroalimentaire et l'absence de réponse satisfaisante de la part des pouvoirs publics", les salariés de Gad, Doux et Tilly-Sabco, ainsi que de Marine Harvet ont décidé d'unir leurs forces, selon le syndicat FGTA-FO.

Gad SAS, société d'abattage de porcs basée en Bretagne (ouest) a annoncé vendredi la suppression de 900 emplois et le regroupement de l'activité sur un seul site avec le maintien de 1000 emplois.

"Au total, ce sont 5000 suppressions de postes qui sont redoutées dans l'agroalimentaire en 2013", selon le président de l'association des industries alimentaires (Ania), Jean-Philippe Girard.

Le cheptel porcin a dû être réduit de 2 millions de têtes depuis 2010, passant de 25 millions de porcs à 23 millions aujourd'hui. Situation similaire pour la viande bovine où la production a baissé de 6% depuis le début de l'année.

Coût du travail

Les professionnels de la filière viande, qui ont tiré la sonnette d'alarme auprès des pouvoirs publics, mettent en cause le coût du travail. D'après eux, la viande française n'arrive pas à concurrencer la viande allemande où il n'y a pas de salaire minimum.

Le gouvernement a déjà mis en place un crédit d'impôts qui permet une baisse du coût du travail de 4% en 2013 et de 6% en 2014. Les professionnels réclament aussi la fin des tests de dépistage de l'ESB (vache folle) sur les animaux arrivant en abattoir, comme l'autorise l'Europe depuis janvier 2013.

Ils demandent également une exonération de l'ecotaxe poids-lourds imposée dès le 1er janvier aux camions roulant sur les routes sans péage. Le gouvernement a en revanche fait savoir qu'il ne reviendra pas sur cette mesure.

Enfin, ils estiment que la viande d'origine française n'est pas suffisamment valorisée et plaident auprès de l'Europe pour que le pays d'origine de la viande dans les plats préparés figure sur l'étiquette.