La Coalition syrienne en passe de nommer un "Premier ministre"

Les rebelles syriens sont sur le point de nommer un "Premier ministre". Il devrait être élu par une coalition où les frères musulmans sont très bien représentés.
06 août 2015, 15:14
Le président de la Coalition Ahmad Mouaz Al-Khatib (g), avec le ministre des Affaires étrangères égyptien Mohammed Kamel Amr.

La Coalition nationale syrienne a fait un pas vers la nomination d'un "Premier ministre" vendredi après trois jours de réunion au Caire. Ceux-ci ont permis aux Frères musulmans de renforcer leur emprise sur cette nouvelle instance regroupant une partie de l'opposition à Bachar al Assad.

Selon les règles internes fixées dans la nuit de vendredi à samedi, le chef du gouvernement de transition que le groupement veut mettre en place pour asseoir sa crédibilité internationale sera élu à une majorité simple de la soixantaine de délégués composant la Coalition, où les Frères musulmans et leurs alliés ont plus de 50% des sièges.
 
Les candidats devront avoir contribué au soulèvement qui a débuté en mars 2011 contre Bachar al Assad et a fait 40'000 morts en vingt mois. Ils devront également être exempts de tout soupçon de corruption, ont encore décidé les délégués.
 
Riad Hidjab bien placé
 
L'ancien Premier ministre Riad Hidjab, un apparitchik du Baas, le parti présidentiel syrien, qui a fait défection en août dernier, paraît le mieux placé pour obtenir ce poste.
 
Soutenu par la Jordanie et les pays du Golfe, il sera probablement choisi avant ou pendant une réunion des Amis de la Syrie mi-décembre, dit-on de sources proches de la Coalition. Les Amis de la Syrie rassemblent une douzaine de pays ayant exprimé un appui non militaire aux insurgés.
 
Nouvel organe exécutif
 
La Coalition s'est dotée d'un nouvel organe exécutif, une "assemblée politique" de onze membres dirigée par l'imam modéré Moaz al Khatib, l'actuel président de la Coalition, entouré des deux actuels vice-présidents et du secrétaire général, l'homme d'affaires Moustafa Sabbagh, soutenu par le Qatar, qui apparaît comme l'un des plus influents responsables du nouveau groupement.
 
Les délégués ont commencé à voter pour choisir les onze membres de l'assemblée politique, mais sans parvenir à s'entendre, avant de reporter la procédure.
 
Au terme de ces trois jours de réunion, les Frères musulmans ont de facto réuni un bloc majoritaire au sein de la Coalition, selon des sources informées.