La CEDH estime légal d'extrader l'imam Abou Hamza vers les USA

L'extradition par le Royaume-Uni de l'imam radical Abou Hamza vers les Etats-Unis, accusé d'attentats anti-américains, ne viole pas la Convention des droits de l'homme, a estimé mardi la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).

10 avr. 2012, 13:16
Abou Hamza est accusé par Washington d'avoir pris part à des enlèvements de touristes occidentaux au Yémen et d'avoir facilité la mise en place d'un camp d'entraînement terroriste aux Etats-Unis notamment.

L'institution de Strasbourg réclame toutefois dans son arrêt que l'extradition de l'imam Mustafa Kamal Mustafa, dit Abou Hamza al-Masri et des quatre autres hommes actuellement détenus au Royaume-Uni soit bloquée pendant trois mois. Cette période correspond à la fin du délai d'appel.

Les cinq hommes s'étaient tournées vers la CEDH estimant que leur incarcération probable dans une prison "supermax", un "pénitencier américain de sécurité maximum", à Florence (Colorado), ainsi que le peine de réclusion à vie sans libération conditionnelle à laquelle ils pourraient être condamnés, s'apparenteraient à un "traitement dégradant ou inhumain" (interdit par l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme).

"Il n'est pas du tout certain que, s'ils étaient extradés, les requérants seraient reconnus coupables des charges qui pèsent contre eux", a toutefois observé la cour. Celle-ci a par ailleurs estimé qu'une peine de réclusion à vie n'était pas "disproportionnée" au regard des accusations de terrorisme.

Enfin, les requérants "n'ont pas démontré qu'il y aurait un réel risque (de violation de l'article 3 de la Convention) en conséquence de leur sentence", a conclu la CEDH.

Onze chefs d'accusation

Borgne et manchot, équipé d'un crochet, Abou Hamza est accusé par Washington d'avoir pris part à des enlèvements de touristes occidentaux au Yémen, d'avoir facilité la mise en place d'un camp d'entraînement terroriste aux Etats-Unis et d'avoir aidé le financement de candidats au jihad désireux de se rendre au Proche-Orient pour y subir un entraînement à des actes terroristes.

Abou Hamza est visé en tout par onze chefs d'accusation liés au terrorisme. L'homme a été condamné en février 2006 à sept ans de prison pour incitation au meurtre et à la haine raciale. La CEDH avait bloqué en juillet 2010 la procédure d'expulsion, ce qui avait suscité de vives réactions en Grande-Bretagne.