L'Unesco inscrit le reggae de Jamaïque sur la liste du patrimoine culturel de l'Humanité

C'est officiel, le reggae de Jamaïque fait désormais partie du patrimoine culturel de l'humanité inscrit par l'Unesco.

29 nov. 2018, 08:52
Bob Marley fut le principal ambassadeur du reggae jamaïcain.

Le reggae a été inscrit jeudi sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'Humanité par un comité spécialisé de l'Unesco réuni à Port-Louis, capitale de l'Ile Maurice. Cette musique a été popularisée dans le monde entier par son icône Bob Marley.

L'Unesco a souligné "la contribution" de cette musique jamaïcaine à la prise de conscience internationale "sur les questions d'injustice, de résistance, d'amour et d'humanité, et sa dimension à la fois "cérébrale, socio-politique, sensuelle et spirituelle".

Le reggae rejoint ainsi une liste de quelque 400 traditions culturelles (chants, danses, spécialités gastronomiques ou célébrations) allant de la pizza napolitaine au zaouli, musique et danse des communautés gouro de Côte d'Ivoire.

Le comité ad hoc de l'Unesco, qui se réunit jusqu'à samedi pour examiner 40 demandes d'inscription, avait également intégré mercredi les savoir-faire liés au parfum de Grasse en France.

Bob Marley, principal ambassadeur du reggae, chante «Ambush in the night» lors d’un concert à Santa Barbara en 1979:

 

 

Musique des opprimés

Le reggae, dont la candidature était portée par la Jamaïque, a émergé à la fin des années 1960. Style musical issu du ska et du rocksteady, il a aussi intégré des influences du jazz et blues d'Amérique.

La musique est vite devenue populaire aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, importée par les nombreux immigrés jamaïcains après la Seconde Guerre mondiale. Elle s'est souvent revendiquée comme la musique des opprimés, abordant des questions sociales et politiques, la prison et les inégalités.

Le reggae est indissociable du rastafarisme, mouvement spirituel qui sacralise l'empereur éthiopien Haïlé Sélassié et promeut l'usage de la ganja, ou marijuana.