L'Irak s'embrase: au moins 111 morts dans une vague d'attentats

Une série d'attaques non revendiquées visant des quartiers chiites a fait au moins 111 morts et 268 blessés en Irak, hier.

24 juil. 2012, 07:50
La vague d'attentats de lundi matin n'a pas été revendiquée, mais Al-Qaïda en Irak vient d'annoncer son intention d'intensifier son combat.

Ce sont les attentats les plus meurtriers qu'aient connus le pays en plus de trois ans, qui ont frappé l'Irak hier.

Vingt-sept attaques ont touché 18 villes dont Bagdad, au troisième jour du mois de jeûne musulman du ramadan. Nombre de soldats et policiers figurent parmi les victimes de ces attentats qui visaient les quartiers chiites.
 
A Tadji, à 20 km au nord de Bagdad, sept bombes placées près d'un ensemble immobilier, dont l'une dans une voiture piégée, ont tué 42 personnes, parmi lesquelles 14 policiers qui s'étaient rendus sur les lieux après les premières explosions.
 
Véhicule inconnu
 
"J'ai entendu une explosion au loin. Je suis sorti et devant chez moi j'ai vu une voiture que je ne connaissais pas", a raconté à l'AFP Abou Mohammed, un habitant de Taji. Il a prévenu la police, qui a conclu qu'il s'agissait d'un véhicule piégé.
 
"Nous avons dit aux voisins d'évacuer, mais au moment où ils sortaient de chez eux, la bombe a explosé", a-t-il expliqué.
 
Deux voitures piégées ont explosé dans le grand quartier chiite de Sadr City à Bagdad, près d'un bâtiment du gouvernement. A Kirkouk, cinq voitures piégées ont explosé, tandis que la province de Diyala a été ravagée par des attentats à la bombe et des fusillades contre des postes de contrôle de la police.
 
La ville de Mossoul, dans le nord, n'a pas été épargnée par la vague d'attentats. Dans la localité d'Oudhaïm, à 90 km au nord de la capitale, une autre fusillade a également éclaté à un poste de sécurité.
 
À Khan Bani Saad, à 30 km au nord-est de Bagdad, deux voitures piégées ont explosé, également près d'un point de contrôle.
 
Près de la ville de Doulouiya (90 km au nord de Bagdad), des hommes armés ont fait irruption dans une base militaire. Ils ont ouvert le feu sur les soldats.
 
D'autres attaques meurtrières ont eu lieu, à Touz Khourmato, Samarra et Doudjaïl, dans le Nord. Dimanche, une série d'attentats à la bombe ont déjà fait une vingtaine de morts et près de 80 blessés dans trois villes irakiennes.
 
Unanimement condamnés
 
Le président du Parlement, Oussama al-Noujaïfi et le représentant de l'ONU dans le pays ont condamné ces attentats. L'Iran a estimé pour sa part que "l'objectif de ces actes terroristes est de créer des dissensions confessionnelles et de menacer la sécurité, la stabilité et l'indépendance de l'Irak".
 
Les Etats-Unis ont "fermement condamné" lundi les attaques, jugeant qu'il s'agissait d'un acte de "lâcheté" perpétré pendant le mois de jeûne musulman du ramadan.
 
"Alors que le ramadan a commencé, nous condamnons fermement ces attentats. Viser des innocents est toujours lâche. C'est particulièrement condamnable pendant le mois sacré du ramadan", a déclaré la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland.
 
Al-Qaïda soupçonné
 
La vague d'attentats de lundi matin n'a pas été revendiquée, mais Al-Qaïda en Irak vient d'annoncer son intention d'intensifier son combat.
 
Dans un message audio, le chef de l'Etat islamique d'Irak (ISI), branche d'Al-Qaïda, a fait part de l'intention du groupe extrémiste d'"éliminer les juges et les procureurs" et libérer ses militants emprisonnés.
 
Abou Bakr al-Bagdadi annonce "le lancement d'un nouveau projet, baptisé 'Abattre les murs'. La priorité est de libérer les prisonniers musulmans où qu'ils se trouvent, puis de traquer et éliminer les juges, les procureurs et ceux qui les protègent", selon le message relayé par le site jihadiste Honein.
 
Un responsable de la sécurité, qui a souhaité garder l'anonymat, a également rendu la branche irakienne d'Al-Qaïda, majoritairement sunnite, responsable de cette série d'attentats, les plus meurtriers depuis décembre 2009, quand 127 personnes avaient péri.