Kenya: employée de la morgue accusée de vol sur des cadavres du Westgate

Une employée de la morgue de Nairobi, au Kenya, est poursuivie pour avoir fait les poches de deux victimes de l'attaque terroriste au centre commercial du Westgate.
25 oct. 2013, 12:33
Le Kenya enterre ses morts, quelques jours après une sanglante attaque terroriste dans un centre commercial de Nairobi.

Une employée de la morgue de Nairobi est poursuivie pour avoir volé des biens sur deux cadavres qu'elle a réceptionnés durant le siège sanglant du centre commercial Westgate.

Selon le quotidien "Daily Nation", Rose Oyungu, 54 ans, a volé une montre en or et un téléphone portable au neveu décédé du président kényan Uhuru Kenyatta, ainsi que des bijoux en or prélevés sur le corps de la fiancée du défunt. Le couple avait péri au premier jour de l'attaque contre le centre commercial Westgate menée fin septembre par un commando armé lié à Al-Qaïda, qui avait coûté la vie à au moins 67 personnes.

"Il est malheureux qu'un Africain puisse voler un mort", a déclaré le procureur Wycliffe Sifuna, cité par le journal, lors d'une audience de demande de caution tenue jeudi. Les avocats de l'accusée, une veuve mère de six enfants, lui ont obtenu la libération sous caution. Le procès doit se tenir le 25 novembre.

Boutiques dévalisées

Outre les accusations contre cette employée, une partie des forces de sécurité kényanes étant intervenues au Westgate est également suspectée d'avoir pillé des magasins du centre commercial pendant et après le siège de plusieurs jours. Les médias kényans ont longuement évoqué le pillage et des caméras de vidéosurveillance ont filmé des soldats transportant des sacs en plastique blancs.

Des gérants de boutiques - bijouterie de luxe, téléphonie mobile, montres, photographie, vêtements de prix, lingerie - ont indiqué avoir été intégralement dévalisés.

Mardi, le chef de l'armée avait assuré que certains biens avaient été emportés pour être mis en lieu sûr. La police, de son côté, a répondu aux accusations des médias en convoquant deux journalistes pour interrogatoire, avant d'annuler les convocations face aux protestations.