Kadhafi a évoqué un financement occulte de Sarkozy

Un enregistrement sonore de l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi effectué en mars 2011 contiendrait des propos relatifs à un financement occulte de Nicolas Sarkozy.

28 janv. 2014, 19:23
Mouammar Kadhafi avait été reçu par Nicolas Sarkozy à l'Elysée en décembre 2007.

L'enregistrement audio d'une interview accordée en mars 2011 à une journaliste française par Mouammar Kadhafi évoque un financement politique occulte de Nicolas Sarkozy. La chaîne de télévision France 3 doit diffuser mercredi cet enregistrement que l'AFP pu écouter.

L'ancien dirigeant libyen, tué en octobre 2011, n'apporte pas de preuve à l'appui de cette accusation déjà lancée par plusieurs dignitaires de l'ancien régime, en particulier son fils Seif Al-Islam. Accordé à l'époque pour Le Figaro, l'entretien, que la journaliste Delphine Minoui avait ultérieurement retranscrit dans son ouvrage "Tripoliwood" se déroule le 16 mars 2011.

Les forces de Kadhafi semblent alors reprendre l'avantage un mois après le début de l'insurrection. Paris a officiellement reconnu quelques jours plus tôt l'opposition au régime.

Elu "grâce à moi"

A la question de savoir s'il se sent trahi, Kadhafi, qui avait été reçu en grande pompe à Paris en décembre 2007 par le président Sarkozy, répond par l'affirmative.

Puis, selon une traduction réalisée par l'AFP, il poursuit: "Sarkozy a une déficience mentale... c'est grâce à moi qu'il est arrivé à la présidence", "C'est nous qui lui avons fourni les fonds qui lui ont permis de gagner", "Il est venu me voir alors qu'il était ministre de l'intérieur. Il m'a demandé un soutien financier."

Pourquoi aurait-il financé Sarkozy ? "Pour nous en tant que Libyens, si le président de la République française gagne les élections grâce à nos fonds, c'est vraiment un gain", répond Kadhafi qui ne donne pas de montant ni de détail sur les modalités de versement.

Enquête en cours

Un magistrat français enquête sur ces accusations de financement de la campagne présidentielle de 2007, allégations que Nicolas Sarkozy réfute. Elles avaient été formulées par Seif Al-Islam dans un entretien à Euronews le 16 mars 2011.

Le fils du dictateur avait alors réclamé "que Sarkozy rende l'argent qu'il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale." Peu auparavant, l'agence officielle Jana avait promis de rendre public "un grave secret" sur la campagne de Nicolas Sarkozy.

Plusieurs anciens dignitaires ont évoqué un tel financement. Mais d'autres ont nié, comme l'ex-secrétaire particulier du dictateur, Bachir Saleh, ou Moussa Koussa, l'ex-chef des services de renseignement extérieurs.