Justice internationale: enquête sur le suicide du criminel de guerre Slobodan Praljak

La justice néerlandaise va ouvrir une enquête pour savoir comment Slobodan Praljak, criminel de guerre croate de Bosnie, a pu mettre fin à ses jours dans l'enceinte du Tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie.

30 nov. 2017, 08:03
Slobodan Praljak, 72 ans, debout face aux juges, a déclaré d'une voix forte: "Slobodan Praljak n'est pas un criminel de guerre, je rejette avec mépris votre verdict".

Les autorités néerlandaises enquêtent pour établir comment un accusé du Tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie, le Croate de Bosnie Slobodan Praljak, a pu se suicider mercredi devant les juges. Ils venaient de confirmer sa condamnation en appel.

Le parquet de La Haye a annoncé qu'il lançait "à la demande du TPIY" une enquête sur la mort de Praljak. "Au cours d'une session du TPIY, M. Praljak a avalé quelque chose et il est mort possiblement des conséquences" de cette action, a déclaré le parquet dans un communiqué.

L'enquête devra avant tout établir si Slobodan Praljak a reçu une aide pour commettre son suicide. "Pour le moment l'enquête va se concentrer sur la question du suicide assisté" et sur "la violation" de la réglementation sur les substances médicales, déclare le communiqué. "L'enquête venant seulement de commencer, le Parquet ne peut pas faire davantage de commentaires".

"Je rejette avec mépris votre verdict"

Le dramatique incident est survenu lors du prononcé du jugement en appel contre six anciens dirigeants et chefs militaires des Croates de Bosnie, accusés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité durant le conflit croato-musulman (1993-1994) survenu dans le cadre de la guerre en Bosnie-Herzégovine (1992-1995).

Aussitôt après l'énoncé du verdict confirmant sa condamnation à 20 ans de prison, Slobodan Praljak, 72 ans, debout face aux juges, a déclaré d'une voix forte: "Slobodan Praljak n'est pas un criminel de guerre, je rejette avec mépris votre verdict".

Il a ensuite sorti de sa poche une fiole dont il a avalé le contenu, provoquant la stupeur dans la salle d'audience. Son avocat a prononcé le mot "poison", alors que l'audience était suspendue et qu'arrivaient des secouristes.

 

 

Peu après, Nenad Golcevski, porte-parole du TPIY, a annoncé le décès de Praljak. "L'un des six accusés dans le procès (...) est mort aujourd'hui à l'hôpital HMC de La Haye", où il a été transporté après avoir "bu un liquide dans la salle d'audience", a déclaré le porte-parole.

L'agence de presse officielle croate Hina a été plus directe: Praljak "est mort dans un hôpital de La Haye après avoir bu du poison" dans la salle d'audience, a-t-elle annoncé.

On ignore comment l'accusé a pu se trouver dans l'enceinte du tribunal en possession d'une fiole contenant le liquide suspect. Le porte-parole du TPIY a refusé de "communiquer là-dessus".