Japon: filiale de Novartis visée par le ministère de la Santé

Suite à la découverte de manipulations de données, le ministère japonais de la Santé a annoncé mercredi qu'il allait porter plainte contre la filiale de Novartis pour publicité exagérée présumée.

08 janv. 2014, 17:22
novartis

Le ministère japonais de la Santé a confirmé mercredi qu'il allait porter plainte dès que possible contre la filiale nippone du géant pharmaceutique Novartis pour publicité exagérée présumée. Cela concerne un médicament contre l'hypertension, le Diovan (ou Valsartan). 

La société Novartis Pharma KK fait l'objet d'enquêtes depuis que deux universités japonaises ont révélé il y a plusieurs mois qu'elles suspectaient des maquillages d'informations visant à exagérer l'efficacité de ce produit.

Le géant pharmaceutique a indiqué pour sa part être au courant des "spéculations" relayées par la presse. 

Une première au Japon

Un salarié de Novartis, qui a quitté l'entreprise depuis, avait participé à des études universitaires concernant ce médicament, en cachant son affiliation. Il aurait arrangé les statistiques, un incident que le ministre de la Santé, Norihisa Tamura, a jugé "extrêmement regrettable".

En vertu de la loi japonaise, une personne reconnue coupable d'avoir exagéré les vertus d'un médicament encourt une peine de deux ans de prison et 2 millions de yens d'amende (17'400 francs). Ce serait la première fois qu'une plainte serait déposée au Japon pour ce motif, a précisé l'agence Kyodo, citant des sources ministérielles.

En septembre, un panel d'experts du ministère a estimé que la société Novartis Pharma devait être tenue pour responsable de ces études en partie mensongères réalisées par différents laboratoires universitaires.

L'Ecole de médecine de l'Université Jikei et l'Université de Kyoto ont indiqué que des résultats cliniques concernant ce médicament, réalisés sous leur égide avec la participation du chercheur alors affilié à Novartis, avaient été faussés pour affirmer qu'il était non seulement efficace contre l'hypertension artérielle, mais aussi contre les angines de poitrine et attaques cérébrales.

Pleine coopération

Novartis Pharma avait utilisé ces résultats pour promouvoir ce médicament, commercialisé sous le nom de Diovan au Japon où il génère quelque 700 millions d'euros de revenus annuels. Ce produit est proposé au total dans plus d'une centaine de pays dans le monde.

Le chef de la division médicaments du géant suisse, David Epstein, est venu en septembre au Japon pour promettre la pleine coopération de son groupe dans les enquêtes. Mais il a souligné que son entreprise n'avait pas manipulé les données. Son ex-salarié et les autres chercheurs associés aux travaux d'évaluation démentent pour leur part tout trucage des résultats.