Italie: vives tensions entre Berlusconi et Napolitano

Silvio Berlusconi estime que le jugement en cassation à son encontre a été durci par le président italien Napolitano et le fait savoir dans les médias. Des allégations qui provoquent la fureur du Chef de l'État ce mardi. Dans de telles circonstances, de grandes inquiétudes planent sur une éventuelle sortie de la crise politique.

01 oct. 2013, 07:03
Silvio Berlusconi provoque ouvertement le président italien.

Le président italien Giorgio Napolitano est exaspéré par les accusations de Silvio Berlusconi et le fait savoir. Il a réagi avec colère lundi à la diffusion d'une conversation téléphonique du Cavaliere mettant en cause implicitement la probité du chef de l'Etat. Il a dénoncé une "nouvelle invention délirante, vulgaire et calomnieuse".

Influence sur le jugement contre Berlusconi

Au cours de l'appel passé par l'ancien président du Conseil alors qu'il enregistrait une interview, et diffusé par la 7, une chaîne de télévision privée qui ne lui appartient pas, Silvio Berlusconi dit avoir été informé que Giorgio Napolitano avait obligé la Cour de Cassation à modifier son verdict pour le rendre plus sévère à son encontre.

Le 17 septembre dernier, la cour de cassation a condamné la Fininvest, holding familiale de Silvio Berlusconi, à verser 494 millions d'euros à CIR, la holding de Carlo de Benedetti, qui lui avait disputé le contrôle de l'éditeur Mondadori en 1991.

La semaine dernière, le chef de l'Etat avait qualifié d'absurdes des propos du "Cavaliere", affirmant que les magistrats l'ayant condamné étaient coupables de subversion ou de coup d'Etat. Il avait ajouté que ni lui ni le président du Conseil Enrico Letta n'avaient le pouvoir de modifier le verdict.

Relations tendues

Les relations entre Silvio Berlusconi et Giorgio Napolitano sont tendues depuis la condamnation début août du "Cavaliere" à quatre ans de prison pour fraude fiscale.

De nombreux proches de Silvio Berlusconi ont regretté que le président n'ait pas gracié l'ancien président du Conseil ou ne soit pas intervenu d'une manière ou d'une autre dans la procédure judiciaire pour aider leur chef de file.

De son côté, Giorgio Napolitano n'a pas caché son exaspération après la démission collective, samedi, des ministres berlusconiens sur ordre du patron du Peuple de la liberté (PDL), qui a déclenché une nouvelle crise politique dans la péninsule.

En tant que président de la République, Giorgio Napolitano, 88 ans, a le pouvoir de dissoudre le Parlement et de convoquer de nouvelles élections, comme le souhaite Silvio Berlusconi.