Italie: Silvio Berlusconi à nouveau devant les juges dans l'affaire du "Rubygate"

Silvio Berlusconi est à nouveau rattrapé par les ennuis judiciaires. L'ex-chef du gouvernement italien est jugé pour avoir acheté des témoins dans l'affaire des soirées "bunga-bunga".

28 janv. 2017, 17:31
Sivlio Berlusconi aurait acheté des témoins dans l'affaire "Rubygate".

Silvio Berlusconi sera jugé pour subornation de témoin dans l'affaire du "Rubygate". La justice l'accuse d'avoir acheté cher plusieurs témoins de ses fameuses soirées "bunga-bunga", ont rapporté les médias locaux à l'issue d'une audience préliminaire à huis clos.

Le juge a fixé l'ouverture du procès au 5 avril, mais le magnat des médias pourrait être jugé en même temps que les jeunes femmes et proches poursuivis pour les mêmes faits et dont le procès doit débuter en juillet.

L'ex-chef du gouvernement italien, âgé de 80 ans, est accusé d'avoir versé plus de 10 millions d'euros (10,7 millions de francs) entre 2011 et 2015 - argent liquide, cadeaux, voitures, logements, paiement de factures et de frais médicaux... - aux invitées des fêtes dans sa résidence à Arcore, près de Milan, pour qu'elles témoignent en sa faveur.

Acquitté une première fois

Selon le parquet, environ sept millions d'euros sont allés à la jeune Karima El-Mahroug, dite Ruby, qui était mineure au moment des faits mais a toujours assuré à la justice n'avoir jamais eu de relations sexuelles avec M. Berlusconi.

"Pour la première fois, on risque concrètement de juger un délit de générosité", s'est insurgé devant la presse l'avocat de l'ancien président du Conseil, Federico Cecconi.

Dans le premier procès de ce "Rubygate", M. Berlusconi avait été condamné en première instance à sept ans de prison pour prostitution de mineure et abus de pouvoir, avant d'être définitivement acquitté en mars 2015 par la cour de Cassation.

 

Dans ce nouveau volet de l'affaire, le procès de 22 autres personnes, dont Ruby, s'est ouvert le 11 janvier avant d'être repoussé au 3 juillet pour des questions de procédures. Le cas de M. Berlusconi avait été dissocié pour raison de santé après son opération à coeur ouvert en juin 2016, mais les deux procès pourraient finalement être menés ensemble.