Italie: le pays entre état de choc et colère après la catastrophe de Gênes

Après la catastrophe qui a fait une quarantaine de morts à Gênes, l'Italie est sous le choc. Le gouvernement réclame la démission de certains dirigeants, tandis que ces derniers se défendent de ne pas avoir suivi les procédures. La ville a décrété deux jours de deuil national.

15 août 2018, 18:54
Le gouvernement réclame la démission des dirigeants de l'entreprise gestionnaire de l'autoroute.

L'espoir de retrouver des survivants s'amenuisait mercredi à Gênes, après l'effondrement d'un pont autoroutier qui a fait une quarantaine de morts. Le gouvernement a réclamé mercredi la démission des dirigeants de l'entreprise gestionnaire de l'autoroute.

Le ministre des transports Danilo Toninelli a annoncé un audit général des ponts et des tunnels vieillissants dans toute l'Italie. Il a également déclaré avoir lancé une procédure de retrait de la concession autoroutière accordée à la société Autostrade per l'Italia, filiale du groupe Atlantia, lui-même contrôlé à 30% par la famille Benetton.

La société "n'a pas été capable d'assumer ses obligations dans le cadre de l'accord régulant la gestion de cette infrastructure", a-t-il dit, appelant ses dirigeants à démissionner. L'Etat réclamera également des sanctions significatives, a-t-il dit, ajoutant qu'elles pourraient atteindre les 150 millions d'euros.

 

 

"Un miminum"

"La révocation des concessions est un minimum", a pour sa part lancé le ministre de l'intérieur et vice-premier ministre Matteo Salvini. Il a accusé le gestionnaire d'avoir gagné des "milliards d'euros" de droits de péage, mais de ne pas avoir dépensé les sommes nécessaires.

"Imposer les plus hautes sanctions possibles et nous assurer que les responsables de ces morts et de ces blessés paieront pour les dégâts et crimes, c'est vraiment le moindre qu'on puisse faire", a ajouté le chef de la Ligue (extrême droite).

 

 

Contrôles réguliers

Autostrade per l'Italia s'est défendue mercredi en affirmant que le pont Morandi faisait l'objet de contrôles trimestriels, ainsi que l'exige la loi. Des vérifications supplémentaires au moyen d'équipements sophistiques ont été menées et des experts extérieurs consultés, ajoute l'entreprise.

Mardi, son directeur pour la région de Gênes, Stefano Marigliani, avait assuré que le pont était "constamment surveillé, bien au-delà des exigences légales" et qu'il n'y avait "aucune raison de penser qu'il était dangereux".

Deuil national

Mercredi après-midi, le bilan de la protection civile s'élevait à 39 morts confirmés, dont trois enfants de 8 à 13 ans, quinze blessés, dont une douzaine dans un état grave, ainsi que plusieurs disparus. Le procureur de Gênes Francesco Cozzi a de son côté fait état de 42 morts et 16 blessés, affirmant qu'"il ne s'agit pas d'une fatalité".

La ville de Gênes a décrété deux jours de deuil, et selon la presse, le gouvernement doit décréter un deuil national, probablement le jour où des funérailles solennelles seront organisées pour les victimes.